Mayotte : inquiétudes face à l'immigration clandestine, Emmanuel Macron rassure

Le président français Emmanuel Macron visite Mayotte, une île menacée par la migration clandestine
Le président français Emmanuel Macron visite Mayotte, une île menacée par la migration clandestine - © AFP

Immigration clandestine et développement économique et pauvreté, voilà les sujets du discours du chef de l’Etat français Emmanuel Macron aux habitants de Mayotte, lors de sa visite de l’île. 

Mayotte est devenue un département français en 2011, l'île subit une très forte immigration clandestine issue quasi-exclusivement des Comores voisines. 48% des habitants sont des étrangers, dont 95% de Comoriens. Ces derniers sont nombreux à tenter la traversée à partir de l'île comorienne d'Anjouan, à 70 km de là. 

"La France, c'est la sécurité, la France, c'est la santé, la France, c'est l'école, ce sont des chances données à Mayotte pour réussir", c’est ce qu’a promis le président de la république française Emmanuel Macron, accueilli à Mamoudzou avec des chants et des danses, des femmes portant des pancartes "Caribou M. le président" ("bienvenue M. le président", ndlr) et agitant des drapeaux tricolores

La montée des eaux derrière la migration clandestine ? 

Un mois avant la venue du chef de l’Etat sur l’île, l’eau s’est hissée jusqu’à 4,30 mètres au grand désespoir des villageois d’Iloni petite commune sur le littoral à l’est de Mayotte. 

Nous avons l’habitude de vivre avec les pieds dans l’eau en cette période de l’année. Mais depuis deux mois, c’est carrément jusqu’aux cuisses”. A déclaré une habitante au journal Le Monde, les larmes aux yeux, inquiète alors que de nouvelles marées sont prévues pour la fin de ce mois. 

Etienne Guillet, directeur de cabinet de la préfecture, constate : “En un an, l’île s’est enfoncée de 15cm contre 1mm en moyenne.”. En cause à son avis, l’émergence du volcan sous-marin en formation à cinquante kilomètres du littoral, et le phénomène de vidange magmatique qu’il implique.  

Face à des habitants en attente de réponses, le président Emmanuel Macron a espéré mardi soir que "ce voyage soit celui des résultats, du retour de la République pleine et entière". Et ce avant de poursuivre mercredi son déplacement de quatre jours à La Réunion, appelée à la grève générale. 

Lutter contre l'immigration clandestine sans avoir un discours de haine

M. Macron s'est réjoui que les reconduites à la frontière aient "fortement augmenté" atteignant "quasiment 24.000 depuis le début de l'année, contre 9.800" en 2018, sur la même période (de janvier à octobre). 

Sachant que, l'île subit une très forte immigration clandestine issue quasi-exclusivement des Comores voisines. Le président français a assuré qu’il était possible de “lutter contre l'immigration clandestine sans avoir un discours de haine". 

"C'est ni tout blanc ni tout noir et donc on se bat contre l'immigration clandestine, d'abord en négociant des textes avec les Comores", dit le chef de l’Etat.  

"Il n'y a aucune fatalité", a-t-il assuré, louant la position stratégique dans le canal du Mozambique de l'archipel. 

Macron a assuré que l'opération Shikandra (du nom d'un poisson qui mord quand on s'approche de son nid) contre l'immigration clandestine lancée en août dépasserait son objectif de 25.000 reconduites à la frontière en 2019.  

Nouvelles classes et nouvelles routes

Lors de sa visite, Emmanuel Macron a rencontré les maires de Mayotte pour une discussion autour du développement économique du territoire et sur le “contrat de convergence” signé en juillet à Paris, qui prévoit 1,6 milliard d'euros pour la construction d'infrastructures scolaires et routières, l'accès à l'eau et à la santé. 

Il a aussi annoncé l'allongement de la piste de l'aéroport de Dzaoudzi, en Petite terre, pour désenclaver le territoire, un investissement d' “environ 200 millions d'euros; une réponse à une promesse de Jacques Chirac en 2001.  

En outre, le chef de l'Etat a fait valoir une série de mesures : nouveau commissariat, "plus de moyens" pour la justice, une Agence régionale de santé (ARS) au 1er janvier 2020, un deuxième hôpital à venir, "800 classes nouvelles ouvertes" pendant le quinquennat. Tout en assurant qu’il viendrait "rendre compte" de ses engagements…  

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