Malgré des meetings chahutés, Merkel veut poursuivre sa campagne en ex-RDA

La chancelière allemande Angela Merkel, en campagne électorale, a assuré jeudi vouloir poursuivre ses déplacements notamment en ex-RDA au lendemain de meetings houleux où elle a été copieusement conspuée par des militants de la droite nationaliste.

"C'est important pour moi de continuer d'aller dans des endroits où je ne suis pas reçue qu'amicalement", a souligné dans la presse régionale la dirigeante conservatrice qui vise un quatrième mandat à l'issue des élections législatives du 24 septembre.

"Beaucoup de gens qui ne participent pas aux concerts de sifflets et d'invectives ont besoin d'être encouragés à continuer de montrer du courage civil et à s'élever contre la haine", a ajouté Angela Merkel au groupe de journaux régionaux Redaktionsnetzwerk.

Ces propos interviennent alors que la chancelière, originaire de l'ex-Allemagne de l'Est, a vécu mercredi soir le plus difficile meeting électoral de sa campagne, selon son équipe de l'Union chrétienne-démocrate (CDU).

AfD, Pegida et NPD

À Torgau, en Saxe, berceau du mouvement xénophobe et anti-réfugiés Pegida et l'une des places fortes du parti populiste et anti-migrants AfD, elle a été accueillie par un concert de vuvuzelas, de sifflets, de vociférations et de "Dégage !".

Durant ses 30 minutes de discours, elle n'a cessé d'être invectivée, selon une journaliste de l'AFP, tandis que certains manifestants agitaient des panneaux de l'AfD et de la formation néo-nazie NPD.

"Vous menez l'Allemagne au chaos" et "Mettre au rebut Merkel" figuraient également sur des pancartes.

Selon la police, au total une centaine de personnes ont perturbé le meeting électoral tandis que deux hommes de 36 et 39 ans ont fait le salut nazi.

La police a également ouvert une enquête contre deux hommes de 21 et 39 ans, qui auraient joué du poing avec d'autres manifestants.

Sifflets et tomates... le scénario se répète à l'est

Un peu plus tard, à Finsterwalde, également en ex-RDA, elle a aussi été sifflée et chahutée, un "scénario" qui se répète à chacun de ses déplacements dans l'est du pays, à la traîne économiquement et par endroit gangrené par la xénophobie.

À Torgau, la chancelière s'est contentée de souligner que les Allemands pouvaient être "reconnaissants d'avoir aujourd'hui une démocratie et des élections libres".

Son parti, la CDU, arrive largement en tête des intentions de vote pour le scrutin du 24 septembre mais l'AfD, dont la rhétorique anti-migrants trouve un écho en ex-RDA, devrait pour la première fois faire son entrée au Bundestag.

La chancelière avait également été malmenée à Heidelberg mardi soir, cette fois-ci dans la prospère région occidentale du Bade-Wurtemberg, où des manifestants avaient lancé des tomates.

La chancelière allemande huée lors d'un meeting, hier, à Torgau

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