Mais qui sont donc ces "petits candidats" de la présidentielle française? (Vidéos + photos)

Ils sont onze sur la ligne de départ. Mais les postulants au poste suprême de la vie politique française ne sont pas tous logés à la même enseigne dans les sondages. Si les cinq ténors qui se situent au dessus des 10% sont à présent bien connus (à savoir Emmanuel Macron, Marine Le Pen, François Fillon, Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon), la demi-douzaine d'autres sont ce que les Français appellent "les petits candidats".

Parfois inclassables, un brin folkloriques voire un chouia inquiétants, ils ont tous reçu les 500 parrainages nécessaires pour se présenter à l'élection. Un fameux coup de projecteur leur a été donné début de semaine lors d'un débat entre tous les candidats à la télé française (environ 6 millions de téléspectateurs).

Petit tour d'horizon des différentes personnalités et retour sur quelques-uns de leurs faits d'armes...  

Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France)

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Nicolas Dupont-Aignan le 27 mars à Marly © JEAN CHRISTOPHE VERHAEGEN - AFP

C'est le plus "grand" des petits candidats. Crédité d'environ 5% d'intentions de vote dans les sondages, il n'est pas un nouveau venu dans la vie politique française. Le maire d'Yerre, une ville de l'Essonne, en est à sa deuxième campagne présidentielle. Ancien RPR puis UMP, il créé son propre parti ("Debout la République", qui deviendra "Debout la France")

Son dada: fustiger l'Europe. Il est souverainiste, c'est-à-dire qu'il voudrait une plus large autonomie du gouvernement français. Il propose ainsi au nouveau traité européen, créant une "Europe des nations et des projets", où chaque pays reprendrait le contrôle de sa monnaie, de ses frontières, de son budget et de ses lois. Il prône le retour au septennat, la suppression des régions et la création de 2 millions d'emplois. 

Dans le spectre politique et pour faire simple, il est situé quelque part entre François Fillon et Marine Le Pen. 

Il y a quelques semaines, le candidat pousse un gros coup de gueule au JT de TF1. Il quitte le plateau du 20 heures, sous prétexte de ne pas avoir été invité au premier grand débat des candidats (celui qui a réuni les cinq principaux) sur la chaîne privée. Une prestation, peut-être pas à proprement parler digne de recevoir un César de la meilleure interprétation, mais qui a eu pour effet d'accélérer sa campagne outre-Quiévrain.    

Ah oui, le candidat Dupont-Aignan fait aussi une petite fixette sur les péages autoroutiers... 

Philippe Poutou (NPA - Nouveau parti anti-capitaliste)

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Philippe Poutou © CHRISTOPHE SIMON - AFP

Un des trublions de la campagne. Philippe Poutou est le seul ouvrier qui s'y présente. Il travaille comme mécanicien à l'usine Ford de Blanquefort, près de Bordeaux.  

Le candidat d'extrême-gauche est loin d'avoir sa langue dans sa poche. Très décontracté, il fait beaucoup parler de lui depuis ses saillies lors du débat entre tous les candidats ce mardi 4 avril:     

Le candidat Poutou, outre une certaine aversion aux costumes ("ce n'est pas parce que je n'ai pas de cravate qu'il faut m'interrompre !", a-t-il déclaré lors du même débat), milite pour une réduction du temps de travail (32 h par semaine sur 4 jours sans perte salariale), une augmentation des salaires de 300 euros et un smic (salaire minimum légal) à 1700 euros. Son programme est aussi écologiste et internationaliste.  

Philippe Poutou a pris la succession d'Olivier Besancenot à la tête du parti anticapitaliste. On se rappelle du facteur qui avait marqué les campagnes présidentielles des années 2000. Un peu plus de 4% des électeurs avaient voté pour lui. Lors des dernières élections, Philippe Poutou avait récolté 1,15% des suffrages.

 

Jean Lassalle (Résistons!)

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Jean Lassalle en vadrouille dans le sud-ouest, en 2013 © PHILIPPE DESMAZES - AFP

Un sacré tempérament, Jean Lassalle. C'est le candidat de la ruralité, ex-député Modem (centre), maintenant indépendant. Maire de son village des Pyrénées-Atlantiques, Lourdios-Ichère (162 habitants) depuis 1977, c'est un véritable béarnais dans l'âme. Il l'aime, sa région.

Son parcours politique a été émaillé d'opérations coup de poing. En 2003, pour défendre des services publics de proximité, le Béarnais envoie la sauce et pousse la chansonnette régionale ("Aqueros Mountagnos") en pleine assemblée nationale , interrompant un discours de Nicolas Sarkozy.

En 2006, c'est une grève de la faim qui le met sous les projecteurs:    

Jean Lassalle veut "réhabiliter les communes et rendre aux maires la fierté qui leur est due". Durant neuf mois, en 2013, un béret fixé sur la tête, il se lance ainsi dans un grand tour de France. Ce fils de berger transhumant parcourt quelques 5 000 kilomètres à pied. L'année suivante, il ira dans 15 pays d'Europe.   

En 2015, ce personnage haut en couleurs, qui déteste le monde de la finance, provoque l'hilarité à l'Assemblée nationale en évoquant ses mésaventures pour l'obtention de son permis de conduire. 

Mais Jean Lassalle ne se laisse pas démonter pour autant. Dernièrement, il a ainsi confié, au micro de BFM TV, ne pas craindre plus que ça les turpitudes de la politique internationale:   

 

Jacques Cheminade (Solidarité et Progrès)

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Jacques Cheminade au port du Havre, le 05 avril 2017 © CHARLY TRIBALLEAU - AFP

Le doyen de l'élection. A 75 ans, Jacques Cheminade s'est déjà présenté deux fois et est connu (galactiquement?) pour sa marotte: l'espace. Il verrait bien la France avoir un gigantesque programme spatial. Explorer le système solaire est pour lui une priorité. Avec des "véhicules cargo hypersoniques" si possible... Et ce, en vue d'un éventuel peuplement (et d'une industrialisation). Pour ce qui est de la lune, c'est encore plus clair: le politique voudrait implanter de centres industriels enterrés sous sa surface.

Inclassable politiquement, Jacques Cheminade voudrait sortir de l'Europe, de l'Euro, de l'OTAN. Il prône aussi une nationalisation des entreprises françaises. 

On lui a aussi découvert ce jeudi une propension aux métaphores un peu "extra-terrestres", ce qui a eu l'effet de faire rire Benoît Hamon dans "C'est à vous" sur France 5 (relayé par le Huffington Post). 

En 2012, à la présidentielle, il obtint un chiffre loin de le faire décoller dans les étoiles: 0,25 % des voix. 

Nathalie Arthaud (Lutte Ouvrière)

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Nathalie Arthaud, le 26 mars à Paris © GABRIEL BOUYS - AFP

A 47 ans, cette Drômoise en est à sa deuxième campagne présidentielle. Elle succède (sans la spolier) à l'inoxydable camarade Arlette Laguiller. La candidate d'extrême gauche est arrivée dernière au précédent scrutin, avec 0,56% des voix en 2012.

Elle se revendique communiste. Salaire minimum de 1800 euros par mois, médecine gratuite pour tous, retraite à 60 ans, interdiction pour les patrons de licencier, réquisitions des logements vides font entre autres partie du programme.     

Selon le Monde, c'est la seule personnalité à travailler encore durant la campagne électorale (elle est professeure d'économie dans un lycée et donne deux jours de cours par semaine). Son adversaire (mais néanmoins très proche idéologiquement) Philippe Poutou, lui, est dispensé de boulot pendant ce temps.   

 

 

François Asselineau (UPR - Union populaire Républicaine)

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François Asselineau, le 25 mars à Paris © GABRIEL BOUYS - AFP

C'est un peu le candidat surprise de cette élection... Inspecteur des finances dans les années 80, puis haut fonctionnaire, il fonde son parti en 2007. François Asselineau se présente comme "le candidat du Frexit". Son rêve: un Brexit à la française, donc. 

Ce candidat de 59 ans, dont la petite obsession sur les alinéas d'une constitution européenne qu'il exècre tant a marqué les esprits dans le débat de mardi (et selon "Le Parisien", il ne s'est pas trompé), a une autre caractéristique : il est conspirationniste. Tout serait, selon lui, dicté par les Américains. Du Dalaï Lama qui serait "un un agent américain, payé par la CIA depuis les années 50" en passant par le terrorisme islamiste et ce jusqu'à... la réforme territoriale française (les nouvelles grandes régions françaises auraient la même taille que des Etats américains, comme le cite le Huffington Post).       

Son parti (qualifié d'extrême-droite) est très actif sur les réseaux sociaux et sur internet. Il est crédité en ce moment à moins de 1% dans les sondages. Mais le complotiste François Asselineau est persuadé qu'il va les faire mentir...  

Des "petits" cailloux dans la chaussure?

Il serait très étonnant qu'un(e) de ces candidat(e)s remporte évidemment la timbale et se voit devenir président(e) de la République. C'est principalement aux échelons locaux qu'ils sont susceptibles de remporter des victoires. Malgré cela, pour les présidentielles, ils peuvent gêner les favoris aux entournures.

En grappillant quelques pourcentages des électeurs, par ci, par là. Ainsi, si dans le passé, un Gérard Schivardi (Parti ouvrier indépendant) ou un Frédéric Nihous (Chasse, Pêche, Nature et Tradition) n'avaient pas réussi à franchement faire pencher la balance lors des élections de 2007, ce ne fut pas le cas de Christiane Taubira en 2002. Candidate du Parti radical de gauche, elle avait recueilli 2,32 %. Ce fut à l'époque, selon certains socialistes, une des causes de l'échec du candidat Jospin à accéder au deuxième tour. "Petits" candidats, certes, mais aiguillons de la vie politique française et parfois, agitateurs d'idées.     

Petite galerie de campagne...

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Philippe Poutou, le 10 mars à Montreuil © CHRISTOPHE SIMON - AFP
Jean Lassalle, le 27 mars à Saint-Viaud © DAMIEN MEYER - AFP
Nathalie arthaud, le 26 mars à Saint-Denis © GABRIEL BOUYS - AFP
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Nicolas Dupont-Aignan lors d'une rencontre avec des leaders du secteur équestre, le 05 avril © THOMAS SAMSON - AFP
François Asselineau, le 3 avril à Montpellier © SYLVAIN THOMAS - AFP
Affichage pour Jacques Cheminade © DAMIEN MEYER - AFP

Quelques photos plus "officielles"

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Mais qui sont donc ces "petits candidats" de la présidentielle française? © JOEL SAGET - AFP
Mais qui sont donc ces "petits candidats" de la présidentielle française? © JOEL SAGET - AFP
Mais qui sont donc ces "petits candidats" de la présidentielle française? © JOEL SAGET - AFP
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Mais qui sont donc ces "petits candidats" de la présidentielle française? © JOEL SAGET - AFP
Mais qui sont donc ces "petits candidats" de la présidentielle française? © JOEL SAGET - AFP
Mais qui sont donc ces "petits candidats" de la présidentielle française? © JOEL SAGET - AFP
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