Maastricht: la TEFAF, foire internationale d'art et d'antiquité, souffle ses 30 bougies

C'est le plus prestigieux rendez-vous mondial des amateurs d'art. La TEFAF, la Foire internationale d'art et d'antiquité de Maastricht, aux Pays-Bas fête sa 30ème édition. Plus de 30 000 pièces sont présentées pour un montant total estimé à deux milliards d'euros. Peintures, antiquités, art moderne, sculpture, et des noms aussi célèbres que Brueghel ou Mondrian.  Plongée dans le monde du marché de l'art.

Un tableau exceptionnel par son histoire

A première vue, cela ressemble à n'importe quel musée.  Des sculptures, des peintures, des oeuvres d'art.  Une différence pourtant, tout est à vendre.  Chaque exposant est un professionnel du marché de l'art. Une galerie bruxelloise présente par exemple un panneau de Brueghel Le jeune représentant l'hiver. Alice Frech, responsable de la galerie De Jonckheere à Genève explique: "C'est un tableau exceptionnel par son histoire parce qu'il provenait d'une famille de La Haye qui a été contrainte de vendre ce tableau pour le musée de Linz, le musée d'Hitler.  Le tableau a été ensuite restitué à la famille après la guerre et il est arrivé sur le marché, puis aujourd'hui entre nos mains.  C'est un tableau qui avoisine les deux millions d'euros".

Une collection de 200 miniatures en argent du 17ème siècle a été vendue à un musée américain pour un million et demi.  Mais l'oeuvre la plus chère est celle d'un artiste contemporain, Gerhard Richter, estimée à 15 millions.  "Dans cette peinture, ce qui est très intéressant, c'est de voir une partie abstraite et du figuratif", explique Vincent Goffin, expert en art et souscripteur en assurance chez Axa Art-Verheyen.

Authenticité vérifiée 

Les 30 000 pièces à vendre à Maastricht cette année, toutes authentiques, valent au total deux milliards d'euros.  "Vous avez durant les quelques jours qui précèdent la foire, des spécialistes dans chaque discipline qui viennent vérifier l'authenticité de certaines pièces, aussi au niveau de leur provenance, donc voir si c'est vraiment une pièce qui n'a pas été refaite ou remaniée", explique Vincent Goffin.

Dans les couloirs de la foire, il y a beaucoup de passionnés, de professionnels.  Olivier Wick est commissaire d'exposition en Suisse, il vient chercher des idées: "On trouve beaucoup d'inspiration pour des expositions, pour des futurs projets parce qu'il y a vraiment de tout, il y a de l'art ancien, des antiquités, j'aime aussi les meubles".

Certains sont aussi là pour s'offrir une oeuvre de maître, des oeuvres plus rares sur le marché.  Johnny van Haeften, cofondateur de la TEFAF, The European fine Art Fair, explique: "Breughel, Rambrandt, Frans Hals, ceux-là ne peindront plus jamais.  Ils disparaissent, en quelque sorte, dans les musées. Donc, les fournisseurs d'oeuvres diminuent. Dans le même temps, la demande pour l'art est en hausse car la richesse augmente dans le monde, comme au Brésil, en Russie ou en Chine".

Selon les organisateurs, l'art serait encore un bon placement pour l'investisseur fortuné. Pour les autres, il reste le plaisir de la visite facturée, elle, 40 euros.

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