"M. Farage, après 20 ans en Belgique, parlez-vous l'une des trois langues nationales?"

"Une de mes plus grandes préoccupations est que des personnes viennent dans ce pays (le Royaume-Uni, ndlr) et n'apprennent pas l'anglais. Je ne vois pas comment vous pouvez vous intégrer sans apprendre la langue du pays."

C'est par cette remarque qu'un auditeur de la radio LBC – "Leading Britain's Conversation" – a interpellé Nigel Farage, le désormais ex-leader du Ukip, parti eurosceptique et anti-immigration, et artisan du Brexit.

A priori du pain béni pour Farage, dont c'est l'un des thèmes favoris. L'eurodéputé britannique acquiesce immédiatement : "Je ne pourrai être plus d'accord avec vous", lance-t-il. "Je pense que vous avez raison. Et je pense que la langue est absolument fondamentale..."

"Pourquoi avez-vous passé 20 ans dans un pays, sans tenter d'en apprendre les langues ?"

Comme on peut l'entendre dans l'extrait vidéo ci-dessus, traduit par Le Huffington Post, l'auditeur lui coupe la parole... Et le piège se referme sur Farage.

"Juste sur ce point particulier, commence l'anonyme, un dénommé Richard, je me demandais pourquoi vous avez passé plus de 20 ans de votre vie en Belgique (il est député du parlement européen depuis 1999, ndlr) sans pourtant parler un mot de flamand, d'allemand ou de français?".

Pris de court (et à son propre jeu), l'homme politique tente une réponse pseudo-humoristique, indiquant être "très bon avec la carte des vins français".

Mais celle-ci ne suffit guère à l'auditeur, qui insiste derechef : "Pourquoi avez-vous passé 20 ans dans un pays, sans tenter d'en apprendre les langues?".

"Je ne suis pas un brillant linguiste, je l'admets"

Alors Nigel Farage assure qu'il parle un peu français et qu'il tient à le faire savoir... Mais ces mots de français ne sortiront finalement jamais de sa bouche. "Je ne suis pas un brillant linguiste, je l'admets."

Devenu contre-exemple de son propre discours, il ajoute qu'il voulait simplement faire entendre sa voix au sein l'Union européenne pour permettre un jour un référendum pour la sortie du Royaume-Uni. Ni plus, ni moins. Il évacue ainsi la question et passe, sans détour, à un autre auditeur.

L'intégration selon M. Farage.

Ci-dessous la version complète non traduite (l'auditeur prénommé Richard intervient à partir de la 7ème minute) :

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