Londres et La Haye : les attaques sont-elles liées ? S'agit-il de représailles ?

1) Les deux attaques sont-elles liées ?

Deux attaques sont survenues vendredi après-midi. La première s’est produite en début d’après-midi à London Bridge. L’homme au couteau a tué deux personnes et blessé plusieurs autres. L’assaillant a été ensuite abattu par la police. Une attaque clairement qualifiée de "terroriste" par les autorités britanniques.

Vendredi soir, c’est à La Haye, aux Pays-Bas, qu’un homme s’en est pris à des jeunes dans une rue commerçante de la ville. Cette attaque au couteau a fait trois blessés légers: deux filles de 15 ans et un garçon de 13 ans. Les victimes ne se connaissaient pas, a indiqué la police néerlandaise samedi. L’homme, âgé entre 40 et 50 ans est toujours recherché. Les autorités néerlandaises n’ont pas donné d’autres informations sur les circonstances de l’attaque. "Nous envisageons actuellement tous les scénarios", a indiqué une porte-parole de la police, citée par l’agence de presse néerlandaise ANP. Selon les médias néerlandais, les victimes ont été précisément ciblées et la piste terroriste a été écartée.

 

2) S’agit-il de représailles ?

L’attaque du London Bridge et l’assaut au couteau à La Haye, dont on ne sait pas si elle est de nature "terroriste", surviennent quelques jours seulement après l’opération menée par Europol (dont le siège est à La Haye), le Parquet fédéral belge et les autorités espagnoles. Des milliers de comptes internet et de sites web liés à la mouvance djihadiste ont été bloqués, empêchant les communications entre les personnes, notamment sur l’application de messagerie Telegram.

Par ailleurs, deux hommes de 20 et 34 ans ont été arrêtés dans la région de La Haye. Ils étaient suspectés de préparer un attentat terroriste.

Autre fait important survenu cette semaine et qui concerne la mouvance djihadiste : vendredi, le Parquet national antiterroriste français annonce qu’il a requis un procès aux Assises contre 20 personnes dans l’enquête sur les attentats du 13 novembre 2015 à Paris. Salah Abdeslam, seul membre encore vivant des commandants, fait partie des inculpés. Six suspects sont visés par un mandat d’arrêt. Pour rappel, ces attaques avaient fait 130 morts.

Il pourrait aussi s’agir d’actes isolés. D’après l’agence de presse Press Association, citant une source sécuritaire, Usman Khan, l’assaillant de 28 ans, était lié à "des groupes terroristes". "Il s’agit d’un acte considéré comme "terroriste", précise le maire de Londres, Sadiq Khan. Pour l’instant, les motifs de Usman Khan ne sont pas encore connus. L’homme avait été condamné en 2012 pour des infractions terroristes, a indiqué le chef de l’antiterrorisme britannique, Neil Basu.


3) La Belgique doit-elle s’inquiéter ?

Pour l’instant, les autorités belges ne semblent pas s’inquiéter après les attaques de Londres et de La Haye. L’OCAM, l’Organe de Coordination pour l’Analyse de la Menace, garde le niveau de la menace à 2 (sur une échelle de 1 à 4). Depuis le 22 janvier 2018, le niveau de la menace générale dans notre pays est fixé au niveau 2. Cette baisse de niveau implique que la menace a diminué et qu’un attentat est devenu moins vraisemblable. Cependant, un niveau 2 ne signifie pas que la menace n’existe plus.

Néanmoins, des mesures de sécurité sont prises lors de grands événements, comme les Plaisirs d’Hiver. "Sur les Plaisirs d’Hiver, il y a beaucoup de policiers en uniforme qui sont présents. Il y a des policiers en civil pour tenir à l’œil les situations suspectes", précise la porte-parole de la zone de police Bruxelles Capitale-Ixelles, Ilse Van de Keer. "A côté de cela, il y a des infrastructures fixes qui sont mises en place pour éviter que des véhicules puissent entrer sur le site. Il est certain que nous sommes attentifs à ce qui se passe à Londres et La Haye. Pour l’instant, selon l’analyse, il n’est pas nécessaire de prendre des mesures en plus. Nous tenons la situation à l’œil et nous sommes en contact avec les organisateurs", ajoute la porte-parole.

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