Les jeux sont-ils déja faits en France, avec un nouveau duel Macron-Le Pen à la présidentielle ?

Les jeux sont-ils déja faits en France, avec un nouveau duel Macron-Le Pen à la présidentielle ?
Les jeux sont-ils déja faits en France, avec un nouveau duel Macron-Le Pen à la présidentielle ? - © Tous droits réservés

Les derniers sondages vont tous dans le même sens. Dans un an, Emmanuel Macron et Marine Le Pen seraient à nouveau présents au second tour de l’élection présidentielle. Au premier tour, selon le dernier sondage, leurs scores oscilleraient entre 26 et 28%. Et au second tour, Macron l’emporterait avec 54% pour 46 à Le Pen. En 2017, l’écart était bien plus large. Emmanuel Macron avait obtenu 66,1% et Marine Le Pen 33,9.

Le Pen est en progression constante

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Depuis 1988, le résultat du candidat d’extrême-droite à une élection présidentielle est en progression quasi permanente. Jean-Marie Le Pen avait obtenu 14% en 88. En 2002, 16% et il se retrouvait au second tour grâce surtout au mauvais score de Lionel Jospin. Seule baisse significative en 2007 lors de la victoire de Nicolas Sarkozy. Le Pen est alors à 10%.

En 2017, Marine Le Pen passe alors la barre des 20% et aujourd’hui, dans les sondages, elle dépasserait les 25%. Mais ce qui interpelle le plus, c’est le score qu’elle pourrait décrocher au second tour. Elle serait quasiment au coude à coude avec Emmanuel Macron. Parmi les explications avancées, il y a un tiers des électeurs de François Fillon en 2017 qui voterait désormais pour elle et une partie importante des électeurs de gauche ne voterait plus pour Macron au second tour même pour battre Le Pen.

La gauche comme la droite se cherchent toujours un candidat rassembleur

A gauche, chacun des candidats potentiels dit souhaiter une candidature commune pour peser sur cette élection. Mais en espérant être le ou la candidate désignée. Samedi dernier, les différents courants de la gauche se sont rencontrés. Une première mais sans réelle avancée.

Jean-Luc Mélenchon, qui est le mieux placé dans les sondages à gauche avec 10-11%, est déjà dans la course. Fabien Roussel, le patron du parti communiste, a déjà été investi par les siens.

Au PS, Anne Hidalgo, la maire de Paris, voudrait visiblement y aller mais jusqu’à présent, elle ne décolle pas dans les sondages. Et chez les Verts, Yannick Jadot, le député européen, en rêve, mais EELV, Europe Ecologie Les Verts, a prévu d’organiser une primaire à deux tours en septembre. Ils sont déjà trois en lice et notamment Eric Piolle, le maire de Grenoble.

A droite, ce n’est guère mieux. Pour l’instant, il n’y a pas une candidature qui émerge vraiment. Les barons de l’UMP n’excluent donc pas aussi la mise en place d’une primaire comme en 2017. Mais avant de trancher, ils veulent attendre le résultat des élections régionales de juin prochain. Et ce n’est guère surprenant.

Xavier Bertrand, le président de la région des Hauts-de-France, s’est déjà lancé dans la bataille. Mais avant, il veut gagner à nouveau dans sa région pour marquer le coup et se projeter vers la présidentielle. L’homme est ambitieux mais dans les sondages, il tourne autour des 15% et à l’UMP, bon nombre lui reprochent d’avoir claqué la porte du parti.

Autre nom cité : Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France. Elle, aussi, veut à nouveau gagner dans sa région et à partir de là, se profiler éventuellement vers la présidentielle.

Mais attention, les favoris à un an du scrutin sont rarement les vainqueurs

Sans remonter trop loin. En 1980, à un an du scrutin présidentiel, Valéry Giscard d’Estaing, président sortant, est largement donné vainqueur dans les sondages. Mais en mai 1981, il est battu par François Mitterrand.

En 1994, Edouard Balladur est le Premier ministre de droite d’une cohabitation avec François Mitterrand. Il est donné vainqueur. Jacques Chirac donne l’impression d’être dans les cordes. Et pourtant, Edouard Balladur en 1995, sera battu et il ne sera même pas qualifié pour le second tour.

En 2001, Lionel Jospin, le candidat socialiste, Premier ministre d’une cohabitation avec Jacques Chirac, part favori. Un an plus tard, avec seulement 16%, il n’est même pas présent au second tour. Il a été battu par Chirac et Le Pen.

En 2011, le grand favori est le socialiste Dominique Strauss-Khan. Mais il est rattrapé par l’affaire du viol à l’hôtel Sofitel de New-York. Il ne sera du coup pas candidat. Et c’est François Hollande qui l’a emporté en 2012.

Enfin, Emmanuel Macron le sait mieux que personne, rien n’est écrit. En 2016, à un an du scrutin, sauf lui et quelques amis, personne n’imagine alors vraiment qu’il sera candidat à l’élection présidentielle de 2017. Et pourtant, il la gagnera. Bien aidé notamment par un PS déchiré et surtout par l’affaire Fillon. Après sa victoire à la primaire de droite, François Fillon apparaît alors dans un fauteuil mais les révélations du Canard enchaîné sur l’emploi jugé fictif de sa femme, lui coûteront cher. Il obtient 20% au premier tour mais Marine Le Pen et Emmanuel Macron sont devant lui.

 

 

Archives JT 04/05/2017 - Présidentielles françaises: débat Macron - Le Pen

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