Le vote de confiance des eurodéputés pour la nouvelle Commission est reporté

Le vote de confiance des eurodéputés pour la nouvelle Commission est reporté
Le vote de confiance des eurodéputés pour la nouvelle Commission est reporté - © FREDERICK FLORIN - AFP

La Commission européenne de la présidente élue Ursula Von der Leyen n’entrera pas en fonction le 1er novembre prochain comme c’était prévu. La conférence des présidents du Parlement européen a confirmé mercredi que l’indispensable vote de confiance des eurodéputés, attendu le 23 octobre prochain à Strasbourg, était reporté, après le rejet de trois des candidats présentés par l’Allemande.

Aucune nouvelle date de vote n’a encore été annoncée. Mais "le Parlement est prêt à voter à temps pour permettre à la nouvelle Commission de commencer le 1er décembre et demande une désignation rapide des trois nouveaux commissaires désignés", a confirmé sur Twitter Jaume Duch, porte-parole du Parlement. Le 1er décembre sera aussi le jour d’entrée en fonction du président élu du Conseil européen, Charles Michel.

Au niveau belge, ce report signifie en outre que le remplacement de Didier Reynders au gouvernement fédéral peut encore attendre un peu. Le vice-Premier ministre MR, ministre des Affaires étrangères et de la Défense, doit prendre dans l’équipe Von der Leyen le poste de commissaire à la Justice, en charge de l’État de droit et de la Protection des consommateurs. Son remplacement ne devrait intervenir qu’après le vote de confiance du Parlement européen.

L’agenda prévu pour la succession de l’équipe Juncker a été chamboulé après le rejet, par les députés européens, des candidats commissaires de la France (Sylvie Goulard), de la Hongrie (Laszlo Trocsanyi) et de la Roumanie (Rovana Plumb) ces dernières semaines, à l’issue de leurs auditions.

Le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, a déjà proposé le nom de l’ambassadeur hongrois à Bruxelles, Oliver Varhelyi, pour remplacer son candidat déchu. La Première ministre roumaine, Viorica Dancila, a proposé l’eurodéputé Dan Nica, mais son gouvernement est tombé depuis lors, ce qui pourrait mettre en question cette candidature.

La France, elle, n’a pas encore choisi. Le président Emmanuel Macron, passablement irrité par le rejet de sa candidate, en avait rejeté la faute sur les présidents des groupes parlementaires et sur Mme Von der Leyen, dont il a affirmé qu’elle avait elle-même choisi Mme Goulard.

Un report de l’entrée en fonction de la nouvelle Commission n’est pas inédit. Entre-temps, l’équipe Juncker reste aux commandes. Mais c’est un affront pour Mme Von der Leyen, dont le nom n’avait déjà été approuvé que sur le fil du rasoir par le Parlement en juillet dernier, présageant d’une relation tendue entre les grandes institutions européennes.

"C’est une question de stabilité politique pour les cinq prochaines années. La Commission a besoin de clarté sur la majorité qui la soutiendra pour la prochaine législature", commentait mercredi un diplomate.

Ces quarante dernières années avaient été dominées au Parlement européen par la grande coalition des conservateurs du Parti populaire européen (PPE, droite et centre-droite) et des socialistes et sociaux-démocrates du S & D. Mais cette majorité relativement stable a été perdue aux dernières élections, qui ont fait des libéraux et macronistes de Renew Europe une troisième force politique difficilement contournable. Signe d’un rééquilibrage en négatif, les candidats rejetés proviennent chacun d’un de ces trois groupes.

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