Le président turc Erdogan critique ceux qui considèrent le PKK comme "ami"

Le président turc Erdogan est en visite d’État en Belgique
Le président turc Erdogan est en visite d’État en Belgique - © RTBF

Après s'être entretenu pendant plus d'une heure avec le Premier ministre Charles Michel, le président turc Recep Tayyip Erdogan s'en est pris mardi aux "gens qui considèrent comme amis" le PKK et le PYD, les partis kurdes considérés comme terroristes par Ankara mais qui bénéficient en Europe de certaines sympathies.

La Turquie est le théâtre de violences à ses frontières mais également dans le sud-est de son territoire. "Il faut combattre toutes les formes de terrorisme" dans le camp duquel le président Erdogan place les communistes du DHKPC, Daesh et certaines organisations qui combattent l'organisation terroriste État islamique (EI) telles que Al-Nosra mais également le PKK et le PYD. Al-Nosra combat Daesh, est-ce que pour autant il faut considérer Al-Nosra comme un allié? "Non", s'est empressé de dire le président turc, tenant le même raisonnement pour le PKK et le PYD.

Recep Tayyip Erdogan a toutefois tenu à faire la différence entre le peuple kurde de Turquie et les partis kurdes qu'il a cités. "Il faut faire la distinction entre le PKK ou le PYD et mes citoyens kurdes au service desquels la république s'est positionnée comme jamais auparavant", a dit le leader du parti islamo-conservateur AKP. Un scrutin législatif est prévu dans quelques semaines en Turquie.

Le président Erdogan exhorte la Russie à ne pas "perdre" l'amitié de la Turquie

Recep Tayyip Erdogan a aussi exhorté la Russie à ne pas "perdre l'amitié de la Turquie" après une série de violations de l'espace turc par des chasseurs russes déployés en Syrie, sujet de vif contentieux entre les deux pays.

"Nos relations avec la Russie sont connues de tous mais si la Russie perd un ami comme la Turquie avec laquelle elle a nombre de coopérations, alors elle perdra beaucoup. La Russie doit le savoir", a martelé Recep Tayyip Erdogan. "Nous ne pouvons nous asseoir et regarder, tolérer ça", a-t-il encore dit au sujet des violations de l'espace turc samedi et dimanche par des avions de combat russe à la frontière entre la Turquie et la Russie.

Adhésion à l'Union

Le président turc s'était entretenu dans la matinée avec le Premier ministre Charles Michel, le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders et le ministre de la Coopération Alexander De Croo. Parmi les sujets abordés, il y avait la nécessité de revaloriser les échanges commerciaux entre la Belgique et la Turquie.

Selon Charles Michel, "en sa qualité de pays fondateur, la Belgique peut jouer un rôle positif actif dans les relations entre l'Union européenne et la Turquie". Le Premier ministre est revenu avec le président Erdogan sur les thématiques abordées lundi par le chef d’État turc avec les autorités européennes, la protection des frontières turques et européennes, la situation en Syrie, et corollairement celle des réfugiés. Charles Michel s'est également félicité de la "bonne coopération" entre les services des deux pays en ce qui concerne la lutte contre les combattants étrangers. Il a par ailleurs rappelé l'importance des réunions "trilatérales" entre les départements des Affaires étrangères, de la Sécurité et de la Justice des deux pays.

220 000 citoyens d'origine turque

Charles Michel a souligné l'importance de la visite d’État du président Erdogan alors que 220 000 citoyens d'origine turque vivent en Belgique dont une majorité de binationaux, un nombre non négligeable jouant un rôle de premier rang dans la vie politique, économique et associative en Belgique.

Le président Erdogan s'est étonné de cette première visite d’État en Belgique alors que les deux pays ont noué des relations bilatérales en 1838, à l'époque de l'Empire Ottoman.

Le chef de l’État turc s'est montré confiant sur l'évolution des négociations d'adhésion à l'Union européenne, singulièrement les chapitres 15 (Énergie), 23 et 24 (droits fondamentaux, justice, liberté et sécurité) et 30 (relations extérieures). Il a estimé que l'ouverture de nouveaux chapitres de négociation devrait pouvoir s'opérer facilement et a dit compter sur le soutien de la Belgique à cet égard.

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