Le paiement par Bancontact fait son entrée dans les églises en Italie

Avec ses canaux, ses petites maisons colorées, ses ponts et ses nombreux clochers, Chioggia ressemble comme deux gouttes d’eaux à sa célèbre voisine, Venise, que l’on aperçoit de l’autre côté de la lagune. Moins célèbre, malgré sa tour médiévale qui protège la plus vieille horloge du monde, Chioggia attire beaucoup moins de touristes. Mais Chioggia est désormais célèbre pour être la première ville d’Italie à proposer le payement électronique dans trois de ses églises.

"Trois églises de Chioggia, dont la cathédrale, ont été choisies pour devenir les premières églises d’Italie à proposer un terminal bancaire pour payer les différents services de l’église, explique Don Vincenzo Tosello, prêtre de la Basilique San Giacomo, qui a voulu cette innovation. Après la phase de test qui a duré tout l’été, nous avons maintenant un système de payement qui restera sans doute pour toujours dans nos églises."

Le terminal est installé à côté du bénitier. Près de la porte, non loin de là, un grand message rappelle, à tout qui entre dans l’église, que les offrandes sont les bienvenues. "Le paroissien a trois possibilités : il peut choisir de payer les bougies de prières, un ou deux euros, ou davantage ; payer une messe, dix euros, qui est le tarif de la conférence épiscopale italienne ; ou alors faire une offrande libre du montant qu’il désire, il suffit de passer sa carte."

L’argent liquide circule moins, l’Église s’adapte

La messe du matin vient de se terminer et la vingtaine de fidèles quitte l’église, dans le panier de la collecte, quelques pièces de monnaie. "C’est difficile de faire changer les habitudes des fidèles", admet Andrea, un instituteur à la retraite qui aide le prêtre, "mais c’est bien que l’église s’adapte à la technologie, tout en laissant le choix, car moi par exemple j’aime bien mettre quelques pièces dans la boîte en métal pour allumer ma bougie de prière devant la Vierge !"

Elisa, une jeune femme qui entre toujours dans l’église pour prier quelques minutes, utilise le terminal Bancontact. "Quand je n’ai pas de monnaie, cela est bien utile, je viens d’acheter deux bougies de prière, c’est un système innovant", explique-t-elle en rangeant sa carte de crédit. Sur l’écran du terminal, le message "Merci pour votre offrande" apparaît.

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Une offrande pour des bougies, pour une messe ou une offrande libre, le terminal de paiement propose toutes les options. © Valérie Dupont

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Une carte bancaire pour recevoir les indulgences du Ciel ? Pas vraiment, explique Don Vincenzo, mais plutôt un simple pas vers la modernité. "Les gouvernements parlent de réduire de plus en plus l’accès à l’argent liquide, il faut bien que l’Église s’adapte elle aussi", estime le prêtre. "Et puis c’est une question de sécurité aussi, si quelqu’un veut faire une offrande importante et c’est déjà arrivé, et bien, nous sommes certains que les voleurs d’église, car ils existent encore, ne la prendront pas !"

Une innovation qui vient du Vatican

Outre les trois églises de Chioggia, la cathédrale de Turin, là où se trouve le saint Suaire, propose le payement des offrandes et des demandes de messe par carte. Le terminal bancaire et le site internet qui propose les mêmes services, comme allumer une bougie à distance devant son ordinateur, où demander une messe pour les morts d’une famille, sont des inventions de Lumen, du nom d’un groupe d’experts chargé par l’Académie Pontificale de théologie de mettre au point des innovations pour les églises de demain.

Le Vatican n’est donc pas loin. "La société Lumen prend 8% des offrandes", confie Don Vincenzo, "mais c’est encore le début, moins de cent euros par mois sont payés par carte, et surtout le système est utilisé par les touristes de passage ; nos paroissiens sont un peu trop âgés pour choisir ce mode de payement", dit-il en souriant.

A Chioggia, le terminal bancaire est installé depuis quelques mois et les offrandes ont augmenté de 5%. Dieu accepte donc les cartes de banque, mais ne promet pas encore le service après vente !

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