Le Brexit va coûter plus de 235 milliards d’euros au Royaume-Uni, selon une étude de Bloomberg

Une étude menée par Bloomberg Economics estime que le coût économique de Brexit a déjà atteint 130 milliards de livres (+- 152 milliards d’euros), et que la facture devrait gonfler de 70 milliards de livres supplémentaires (82 milliards d’euros) d’ici la fin de l’année.

L’étude s’est basée sur une les dommages économiques causés par le détachement du Royaume-Uni de l’UE au cours des trois dernières années.

Les dommages collatéraux du Brexit pour à l’économie britannique sont déjà évalués à 235 milliards d’euros et l’économie britannique souffre, surtout quand on a la compare aux autres membres du G7.

Bien que la croissance mondiale se soit également ralentie au cours des dernières années, l’analyse de Bloomberg Economics montre que le Royaume-Uni est à la traîne. Il existe une forte corrélation historique entre les évolutions économiques du Royaume-Uni et celles des pays du G7. Mais depuis le vote de sortie de l’UE, les trajectoires divergent. Le Brexit a donc perturbé la corrélation historique entre la croissance au Royaume-Uni et celle des autres pays du G7.

L’économie britannique handicapée de 3% à cause du Brexit

Dans ce rapport, les analystes de Bloomberg estiment que l’économie britannique est 3% plus faible que ce qu’elle aurait pu être sans le Brexit.

Le Royaume-Uni devrait finalement quitter l’Union européenne à la fin de ce mois, après la victoire décisive de Boris Johnson aux dernières élections. Mais l’incertitude qui règne depuis le référendum de 2016 a fait des dégâts. Les investissements des entreprises, en particulier, ont été freinés et la croissance économique annuelle a diminué de moitié, passant de 2% à 1%.

Dan Hanson, économiste britannique de Bloomberg Economics, estime que le coût total du Brexit d’ici la fin de 2020 s’élèvera à 200 milliards de livres (235 milliards d’euros), car l’incertitude continue de peser sur les entreprises et les consommateurs.

Bien que l’accord conclu par Johnson avec l’UE à la fin de l’année dernière ait éliminé la menace d’une sortie de l’EU sans accord, il doit encore négocier de nouveaux accords commerciaux. Et cela crée potentiellement un autre risque potentiel pour l’économie britannique.

Optimisme affiché par le gouvernement

Le gouvernement conservateur britannique reste cependant optimiste. En prévision du budget de mars, la première occasion importante de préciser les plans économiques du nouveau gouvernement à majorité conservatrice, le ministre de l’Économie Sajid Javid a promis une "décennie de renouveau". Les réductions d’impôts et l’augmentation des emprunts pour l’investissement sont tous à son ordre du jour.

Malgré cela, il est probable qu’aucun des terrains perdus depuis 2016 ne sera rattrapé, selon M. Hanson.

"Au-delà de 2020, nous prévoyons que la poussée de croissance de cette année sera ponctuelle : l’économie aura un coup de pouce, mais la reprise cyclique qui en résultera ne durera pas", affirme-t-il dit. "Alors que le Royaume-Uni s’adapte à ses nouvelles relations commerciales avec l’Union européenne et qu’il est confronté au défi de la productivité qui a entravé la croissance depuis la crise financière, le coût annuel de Brexit va probablement continuer à augmenter".

Le Premier ministre britannique Boris Johnson veut "libérer le potentiel de la Grande-Bretagne". Mais il faudra d’abord rattraper le retard pris en raison de la sortie du Royaume-Uni et des conséquences économiques engendrées par ce Brexit.

Rappel à la réalité pour les États qui envisagent une sortie de l'UE

En tout cas, le montant prévu pour ce Brexite à de quoi doucher certaines velléités d'autres pays d'envisager, eux aussi, une sortie de l'UE. Les ambitions de Frexit, Italxit, Nedxit ou autres sont nettement plus discrètes qu’avant. Quitter l'Europe pour reprendre son économie nationale en main est un argument qui a été avancé par les anti-européens ou euro-sceptiques.

La réalité des chiffres laisse penser qu'avant de dynamiser une économie nationale en cas de départ, il faut d'abord pouvoir éponger les dégâts provoqués par la sortie de l'UE et du marché commun.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK