Lancement en Belgique d'une association européenne pour la promotion de l'agroécologie

Lancement en Belgique d'une association européenne pour la promotion de l'agroécologie
Lancement en Belgique d'une association européenne pour la promotion de l'agroécologie - © Tous droits réservés

Une association européenne pour la promotion de l'agroécologie, Agroecology Europe, vient d'être lancée en Belgique. Ses 19 fondateurs, originaires de 10 pays, se sont réunis pour la première fois le 27 janvier 2016 au Domaine de Graux, près de Tournai. Les statuts de l'association n'ont pas encore été définis. Agroecology Europe devrait prendre la forme dans un premier temps d'une association internationale sans but lucratif (AISBL). Son siège social devrait se situer en Belgique.

L'agroécologie est définie par le dictionnaire Le Robert comme un ensemble des méthodes de production agricole respectueuses de l'environnement. "Agroecology Europe" est la deuxième association au niveau mondial défendant l'agroécologie à l'échelle d'un continent, après la SOCLA en Amérique latine, selon ses fondateurs. Un projet similaire devrait voir le jour dans les prochains mois en Amérique du Nord.

L'Agroecology Europe a été créée à la suite d'une réflexion d'un groupe d'experts rassemblés en juillet dernier à Milan à l'occasion de l'exposition universelle. Ces derniers avaient participé à un colloque sur l'agroécologie organisé par le Centre commun de recherche de la Commission Européenne. Parmi ces experts, figuraient quatre membres fondateurs de l'association européenne et Miguel Altieri, professeur de la Berkeley University (Californie) et l'un des pères fondateurs de l'agroécologie.

Le 27 janvier, les 19 fondateurs ont défini un nom, une vision, des objectifs, des activités et une structure de gestion pour leur nouvelle association et nommé les membres du conseil d'administration. Ils se sont réunis au Domaine de Graux, près de Tournai, un domaine agricole géré selon les principes de la permaculture et de l'agroécologie. Alain Peeters, chercheur notamment au sein du Domaine de Graux, a été nommé secrétaire d'Agroecology Europe.

Agroecology Europe a pour but d'inscrire l'agroécologie au sommet de l'agenda européen du développement durable des systèmes agricoles et alimentaires. Elle vise également à stimuler les interactions entre les acteurs "des sciences, pratiques et mouvements sociaux", en "facilitant le partage des connaissances et l'action". La future AISBL est ouverte à toute personne intéressée par l'agroécologie, souhaitant devenir une communauté européenne associant "professionnels, praticiens et toute autre partie prenante en agroécologie". Si son ambition est de favoriser les innovations en matière d'agroécologie pouvant profiter aux exploitations agricoles familiales, elle ne cache pas son objectif d'agir parallèlement comme lobby auprès des décideurs politiques, au niveau européen mais aussi national.

"L'agroécologie est à la fois une science, des techniques (pratiques agricoles) et un mouvement social. Elle se distingue des autres sciences et de l'agriculture conventionnelle par son approche holistique (globale)", explique Alain Peeters. "Arrêtons de faire la guerre à la nature mais collaborons avec elle", résume-t-il. "L'agroécologie s'est développée début des années 90 en Amérique centrale et en Amérique du sud et un peu également en Europe. Des recherches dans ce domaine ont été réalisées dès cette période et se sont intensifiées ces dernières années", ajoute le chercheur belge.

"L'agroécologie va au delà du 'bio'. Ainsi, le Domaine de Graux pratique l'agriculture biologique et sans labour", précise le secrétaire d'Agroecology Europe. Le labour détruit une grande partie de la vie du sol et l'appauvrit en humus en émettant du CO2 (gaz à effet de serre) dans l'atmosphère. Il endommage aussi la structure du sol et diminue l'infiltration d'eau et favorise l'érosion.

Le projet du Domaine de Graux a pour objectif de restaurer et conserver la biodiversité, de gérer durablement les ressources naturelles comme l'eau, les sols et l'énergie. Il vise à remplacer les énergies fossiles par la biodiversité afin de réduire l'impact sur le climat et la destruction des écosystèmes.

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