La présidente de la Commission européenne annonce deux milliards d'euros pour les chômages et congés Corona des Belges

Précise, concise. Ursula von der Leyen, la Présidente de la Commission européenne choisit toujours soigneusement ses mots, dans son souci de rendre l’Europe moins opaque. L’interview qu’elle a accordée à la RTBF aujourd’hui ne fait pas exception.

Elle annonce pour la Belgique, dès demain, une première tranche de deux milliards d’euros de prêts de l’Union européenne, à taux avantageux : ils serviront à soutenir le pays dans le financement des chômages partiels et congés Corona, les initiatives en faveur des indépendants.

Cette enveloppe européenne s’appelle "Sure", c’est-à-dire "sûr, en sécurité" en anglais, l’idée étant de sécuriser un maximum d’emplois, le temps de la crise.

"Il est important que les entreprises saines survivent à cette crise sévère", commente Ursula von der Leyen.

"Le message principal aux entreprises est : nous savons que la crise est dure. Mais ne licenciez pas vos travailleurs. Gardez-les dans l’entreprise. Même s’il n’y a pas assez de travail. Nous allons subsidier les salaires. Parce que quand l’économie va redécoller, quand le marché va redécoller, les commandes reviendront, et vous pourrez alors prendre ces commandes parce que vous aurez toujours le personnel compétent."

Il s’agit ici d’une aide ponctuelle, mais qui sera suivie d’autres enveloppes pour franchir l’obstacle Covid, le montant total des prêts "Sure" pouvant s’élever à 7,8 milliards pour la Belgique. "C’est une expérience pilote", explique la Présidente de la Commission.

De cette enveloppe, 6,21 milliards porteront sur des mesures fédérales, le reste sur des mesures des entités fédérées.

"Sure" fait partie d’un paquet plus vaste de plus de 500 milliards d’euros d’aides sur lequel les États membres se sont mis d’accord au printemps.

Outre cette première manne, les Vingt-sept s’étaient entendus en juillet sur un vaste plan de relance de l’économie européenne à hauteur de 750 milliards d’euros (baptisé 'Next generation EU'), en prêts et aussi en subventions cette fois.

"Pour la Belgique, 'Next generation EU' prévoit un montant élargi de 38 milliards d’euros, en subventions et en prêts" rappelle Ursula Von der Leyen à la RTBF.

A l’horizon, un verrou Hongrois et Polonais

Ce Plan de relance européen, lui, est encore sous verrou : bloqué par un véto de la Hongrie et de la Pologne. Ces deux Etats refusent que les versements européens soient conditionnés au respect de l’Etat de droit.

Ursula von der Leyen convient que c’est une pierre d’achoppement à dépasser rapidement.

"Le temps presse. Le conseil négocie et j’espère qu’il arrivera à une bonne conclusion. Mais si ce n’était pas le cas, pour le cas où nous devrions composer avec d’autres circonstances, je travaille en ce moment avec la Commission sur des scénarios et des options alternatifs. Parce que les 450 millions d’Européens ont besoin de ce soutien et l’économie européenne, notre marché unique, en a besoin. Nous devons avancer maintenant."

Mais la Présidente de la Commission ne nous livre encore aucun détail sur ces "options alternatives" qui doivent permettre de débloquer les fonds de relance sans s’incliner sur le respect de l’Etat de droit.

Une plume à son chapeau ?

Si ce verrou des veto polonais et hongrois sautait, si le Plan de relance de 750 milliards venait à être débloqué pour soutenir encore davantage les Etats, ce serait une plume au chapeau de la Présidente de la Commission européenne.

A la veille de son anniversaire d’un an de mandat, Ursula von der Leyen considère déjà qu’avoir atteint un accord sur ce plan, même s’il est encore dans l’œuf, est son plus haut fait d’armes.

"Bien sûr, le Pacte vert européen est très important. Comme notre seconde priorité, la décennie numérique pour l’Europe. Mais à mes yeux, le meilleur moment, c’était ce grand paquet, "Next generation EU", qui nécessitait l’unité et la force de 27 Etats membres et de toutes les institutions européennes, dans un moment de crise profonde. J’ai senti à nouveau cette puissance que l’Union peut développer quand nous travaillons ensemble à 27, avec les institutions européennes". 

Un fait d’armes obtenu aux côtés de Charles Michel, Président du Conseil européen. Au détour de l’interview, entre les sujets "crise sanitaire" et "crise économique", une question : comment se passe, précisément, l’entente avec Charles Michel, au sommet de l’Union européenne ? "C’est une très bonne relation. Nous avons des personnalités très différentes et pour cela, nous sommes très complémentaires".

Nous n’en saurons pas plus. Concise, avec des mots choisis.

Sujet JT 19h30 du 1/12/2020

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