La ministre allemande de la Famille démissionne suite à des soupçons de plagiat sur sa thèse de doctorat

La ministre allemande de la Famille Franziska Giffey, régulièrement citée comme l’étoile montante du parti social-démocrate, a démissionné mercredi de son poste en raison de soupçons persistants de plagiat sur sa thèse de doctorat.

La ministre, âgée de 43 ans, a remis sa démission lors du conseil des ministres, a indiqué le ministère de la Famille et de la Jeunesse.

Une thèse qui date de 2010

L’affaire empoisonne depuis 2019 cette ministre populaire, membre de la coalition d’Angela Merkel.

"Des discussions ont réapparu ces derniers jours concernant ma thèse (de doctorat) datant de l’année 2010", explique Franziska Giffey dans une déclaration diffusée par le ministère de la Famille.

Réaffirmant avoir écrit sa thèse "en toute bonne foi" et même si la vérification de son travail n’a pas encore été achevée, elle indique "tirer les conséquences" de cette affaire "persistante et pesante" en quittant son poste de ministre.


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Elle entend néanmoins rester la candidate du SPD aux élections régionales de Berlin en septembre, dont elle vise la mairie.

Le SPD de la ville, dont elle est co-présidente, et les Berlinois "peuvent compter sur moi", a-t-elle ajouté. Le parti lui a dans la foulée réaffirmé sa confiance.

49 des 265 pages présenteraient des soupçons de plagiat

Franziska Giffey est accusée par la plateforme collaborative VroniPlag Wiki d’avoir plagié en partie sa thèse en sciences politiques consacrée en 2010 au fonctionnement de l’Europe et présentée devant l’Université libre de Berlin.

Selon le site, quelque 49 des 265 pages de la thèse présentaient des soupçons de plagiat allant de citations non attribuées à leurs auteurs au copier-coller d’autres ouvrages.


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L’Université avait donné son accord en 2019 pour que la ministre conserve son titre de "docteur" mais lui avait adressé un blâme, nourrissant les suspicions et les demandes de démission. Un nouvel examen de sa thèse lancé en 2020 est toujours en cours.

Espérant éteindre l’incendie, elle avait déjà renoncé l’an passé à son titre de docteur, très prisé en Allemagne.Les ministres conservateurs de la Défense, Karl-Theodor zu Guttenberg, et de l’Education, Annett Schavan, avaient dû démissionner respectivement en 2011 et 2013 pour des accusations similaires.

L’actuelle présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, mise en cause en 2015 par le site VroniPlag Wiki, avait pour sa part été blanchie par l’Université de médecine de Hanovre, malgré des "lacunes évidentes" dans l’attribution de références.

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