La définition européenne des perturbateurs endocriniens ne fait pas l'unanimité

Théoriquement, cette décision va permettre de retirer du marché des pesticides et des biocides, toutes les substances chimiques reconnues comme perturbateur endocrinien pour l'homme ou les animaux.
Théoriquement, cette décision va permettre de retirer du marché des pesticides et des biocides, toutes les substances chimiques reconnues comme perturbateur endocrinien pour l'homme ou les animaux. - © PHILIPPE HUGUEN - AFP

C'est l'épilogue d'un feuilleton qui aura duré plus de 8 ans. L'Europe vient enfin de se mettre d'accord sur une définition des perturbateurs endocriniens. Ces substances chimiques viennent perturber notre système hormonal. Elles sont soupçonnées d'être à l'origine de certains cas d'obésité, de cancers ou de malformations. Elles sont omniprésentes dans notre environnement. Mais jusqu'à présent l'absence de définition empêchait l'Union européenne de prendre des mesures.

Qu'est-ce qui va changer maintenant ?

Théoriquement, cette décision va permettre de retirer du marché des pesticides et des biocides, toutes les substances chimiques reconnues comme perturbateur endocrinien pour l'homme ou les animaux. L'Europe s'était engagée à le faire dès 2013. Faute de consensus sur une définition claire de ces perturbateurs, le dossier traînait sur la table depuis plusieurs années.

Cela dit, ce n'est qu'une demi-victoire. Parce qu'en réalité, la définition adoptée aujourd'hui reste assez lâche. C'est le reproche que lui faisait plusieurs pays comme le Danemark, la Suède ou la France. Le niveau de preuve exigé serait trop élevé pour être efficace. Pire encore, l'industrie agrochimique aurait négocié des dérogations pour des molécules qui, si elles étaient interdites, ne permettraient plus de lutter contre certains ravageurs.

Le refus de ces pays bloquait toute avancée. Le texte est revenu 6 fois sur la table des experts et, coup de théâtre aujourd'hui, la France a finalement levé ses objections. Optimiste, Nicolas Hulot, le nouveau ministre de l'Environnement, le justifie. Pour lui, ce texte ouvre une brèche qui ne va plus se refermer et les exemptions vont disparaître une par une.

La déception d’Inter Environnement Wallonie

Un optimisme que ne partage pas, chez nous, Valérie Xhonneux, d’Inter Environnement Wallonie : "Nous sommes assez déçus par cet accord. Pour nous, il ne permettra pas d’assurer un niveau élevé de protection de la santé humaine et de l’environnement. Les exigences de niveau de preuve qui sont fixés par la Commission européenne sont excessivement élevés ce qui va rendre la tâche d’identification des perturbateurs endocriniens très difficile ; ça va prendre du temps pour les identifier, ce qui n’est pas positif."

"Et en plus, il y a une possibilité d’exemption, qui pourrait revenir sur la table, qui prévoit que les pesticides qui sont conçus pour agir sur le système hormonal des insectes ne se verraient pas interdire et, donc, les similitudes qu’il pourrait y avoir dans le système hormonal des invertébrés et celui des mammifères et notamment des êtres humains ne seraient pas couvertes non plus. Donc, on a quand même des insatisfactions majeures par rapport à l’accord conclu aujourd’hui."

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK
JT 13h
en direct

La Une

JT 13h