La Cour européenne de justice recale la chasse d'oiseaux à la glu

La Cour de Justice de l'Union européenne a donné raison, dans un arrêt rendu mercredi, à la Ligue pour la protection des oiseaux qui, en France, conteste la pratique traditionnelle de la chasse à la glu autorisée dans certains départements, mais suspendue récemment par Emmanuel Macron. Le caractère traditionnel d'une méthode de capture d'oiseaux, comme celle de la chasse à la glu, ne suffit pas à établir qu'une autre solution satisfaisante ne peut lui être substituée, a notamment fait valoir la Cour en citant l'élevage et la reproduction en captivité.

La chasse à la glu consiste à capturer des oiseaux à l'aide de tiges en bois enduites de glu et posées sur des arbres ou des buissons. Une directive européenne de 2009 interdit les "méthodes de capture ou de mise à mort massive ou non sélective" d'oiseaux, notamment la chasse à la glu, mais elles prévoit des dérogations quand "il n'existe pas d'autre méthode satisfaisante".

Une méthode cruelle

La France autorise à ce titre dans cinq départements (Alpes-de-Haute-Provence, Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône, Var et Vaucluse) l'utilisation des "gluaux" pour la capture "sélective" des grives et des merles noirs "en petites quantités", et "puisqu'il n'existe pas d'autre solution satisfaisante". L'été dernier, le président français Emmanuel Macron a suspendu la pratique de la chasse à la glu dans l'attente de la réponse de la Justice européenne, au grand dam d'associations de chasseurs.

Les défenseurs des oiseaux, eux, dénoncent une méthode "cruelle". Les oiseaux se débattent, s'encollent le plumage, puis sont décollés, gardés vivants avant d'être ultérieurement placés dans des cages afin d'attirer en chantant leurs congénères alors tirés au fusil, explique la LPO. Le risque existe aussi que d'autres espèces que celles visées soient prises au piège, comme les mésanges, les rouges-gorges, voire certains rapaces. Les oiseaux sont également victimes des solvants utilisés par les chasseurs pour les décoller, selon l'association.

Le Conseil d'Etat français appelé à se prononcer

La CJUE, interrogée par le Conseil d'Etat français qui avait été saisi par la LPO et une autre organisation de défense des animaux, rappelle qu'un Etat membre peut certes déroger à l'interdiction de certaines méthodes de chasse, mais notamment à condition que ces méthodes permettent la capture de certains oiseaux de manière sélective.

Or, "en dépit d'un nettoyage, les oiseaux capturés subissent un dommage irrémédiable, les gluaux étant, par nature, susceptibles d'endommager le plumage de tous les oiseaux capturés." Eclairé par cet arrêt, le Conseil d'Etat français doit maintenant se prononcer sur les cinq arrêtés départementaux visés par le recours de la LPO.

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