L’Allemagne va faciliter l’admission des soldats afghans ayant combattu pour l’armée allemande

L’Allemagne va faciliter l’admission sur son territoire des forces locales afghanes ayant aidé ou combattu aux côtés de l’armée allemande et qui craignent désormais pour leur sécurité en restant sur place, a annoncé jeudi Angela Merkel.

"Lors du Conseil des ministres d’hier, j’ai une nouvelle fois plaidé pour une solution pragmatique", a déclaré la chancelière en faisant référence aux frais de vols depuis l’Afghanistan qui seront désormais pris en charge par Berlin.


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Jusqu’ici, les personnes concernées, notamment soldats ou traducteurs, à qui l’Allemagne avait donné la possibilité d’émigrer sur son sol devaient s’acquitter eux-mêmes de ces frais, rendant pour beaucoup compliqué ce voyage onéreux.

L’objectif est que tous ceux qui ont travaillé pour l’armée allemande depuis 2013 "aient également la possibilité de venir en Allemagne" et donc que "le vol ne doit pas être compromis parce que l’on n’a pas l’argent", a ajouté Angela Merkel lors d’une conférence de presse à Berlin.

2400 visas

Il est important "que nous donnions également une porte de sortie à ceux qui nous ont beaucoup aidés", a-t-elle dit, envisageant la mise en place de vols charters entre les deux pays.

Fin juin, le gouvernement allemand avait annoncé avoir délivré 2400 visas destinés à des aides locaux afghans et leurs familles pour trouver refuge en Allemagne. D’autres demandes sont toujours en cours.

20 ans d’intervention

À cette même période, l’Allemagne, l’une des puissances occidentales les plus engagées en Afghanistan, venait de terminer le rapatriement de ses troupes prévu dans le cadre du retrait accéléré des contingents de l’Otan, dont celui des États-Unis. Le départ définitif des troupes étrangères est lui censé se terminer d’ici fin août.

Ce retrait mettra fin à près de 20 ans d’intervention d’une coalition menée par les États-Unis entrée en Afghanistan après le refus du régime taliban de livrer le chef d’Al-Qaïda, Oussama ben Laden, auquel il accordait asile.

Nous ne pouvons pas résoudre tous ces problèmes en accueillant toutes les personnes

Angela Merkel s’est en revanche déclarée sceptique à l’idée de pouvoir accueillir un plus grand nombre de demandeurs d’asile afghans qui souhaiteraient quitter leur pays en raison de la menace d’une prise de pouvoir par les talibans islamistes radicaux.

"Nous ne pouvons pas résoudre tous ces problèmes en accueillant toutes les personnes", a-t-elle estimé, préconisant des négociations politiques entre le gouvernement afghan et les talibans.


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Après le retrait des troupes étrangères d’Afghanistan, la situation sécuritaire se détériore rapidement dans ce pays dont des parties de plus en plus importantes sont désormais contrôlées par les talibans.

 

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