L'Allemagne a besoin de migrants et facilite leur mise à l'emploi

Migrants macédoniens cherchant à entrer en Europe.
Migrants macédoniens cherchant à entrer en Europe. - © DIMITAR DILKOFF - AFP

Les pays européens ont-ils besoin des migrants pour assurer leur avenir ? Cette question peut paraître étonnante alors que l'Europe fait actuellement tout ce qu'elle peut pour freiner leur arrivée. En Allemagne comme ailleurs, le sujet est sensible. Il n'empêche, la première économie de la zone euro est confrontée à un sérieux problème pour assurer sa croissance future.

Le problème est bien connu : une population vieillissante, un taux de fécondité parmi les moins élevés en Europe et, dans le même temps, une économie qui tourne à plein régime.

D'ici à 2060, la population allemande devrait baisser de 15 millions d'habitants et, à cette date, un Allemand sur trois aura plus de 65 ans. Cette évolution va multiplier les problèmes.

La question du coût du vieillissement va se poser

A court et moyen terme, il sera de plus en plus difficile d'améliorer, voire même de maintenir le niveau d'activité de l'économie allemande. Et à plus long terme, c'est la question du coût vieillissement qui va se poser.

La conclusion est donc claire : l'Allemagne doit impérativement augmenter sa population pour assurer son avenir. Et c'est tout de suite : en mai dernier, 557 000 postes de travail étaient à pourvoir.

Il y a des besoins urgents de main d'œuvre qualifiée dans de nombreux secteur : la santé, l'aide aux personnes ou encore l'industrie.

Les migrants sont-ils une partie de la solution ?

L’Allemagne fait des efforts en formant les jeunes Allemands pour les adapter aux demandes actuelles du marché du travail. Et l'âge de la retraite est passé à 67 ans.

Mais cela ne suffira pas

Plusieurs programmes ont été lancés pour attirer de la main-d’œuvre des pays fragiles du sud de l'Europe, mais ils font long feu comme l'explique Dominik Grillmayer, chercheur à l'Institut franco-allemand de Ludwigsburg : "Il y avait une immigration plus importante en provenance des pays européens en crise (Portugal, Espagne, Grèce, etc.). Cette immigration nette depuis les pays européens en crise est en recul. Une ouverture du marché du travail vers l’Europe de l’est est très importante. Et il y a aussi les requérants d’asile qui arrivent en très grand nombre en Allemagne pour le moment".

Le système est trop rigide

Ces demandeurs d'asile ne demandent qu'à travailler, les entreprises comptent sur eux, mais le système est assez rigide. Par exemple, un emploi ne peut être donné à un demandeur d'asile qu'après vérification qu'aucun chômeur allemand n’est disponible pour le poste.

Cela prend du temps et c'est pourquoi le gouvernement a décidé de faire sauter ce verrou pour les emplois en pénurie.

Outre les freins légaux, les réticences de la population allemande jouent un rôle, commente Dominik Grillmayer. Il en veut pour preuve la montée en puissance du mouvement Pegida, très dur sur l'immigration. "Il y a des réticences de la population, c’est vrai, envers les demandeurs d’asile mais, en même temps, ça reste un droit principal. Il faut, d’une certaine manière, trouver l’équilibre et il faut aussi faire en sorte que ces jeunes arrivants, les requérants d’asile, puissent travailler et trouver leur place dans la société pour notre richesse. On a bien besoin de personnes qui s’installent en Allemagne, qui s’intègrent dans notre société et qui trouvent un emploi dans ces métiers en pénurie pour contribuer à la richesse de la société allemande. "

Un message très clair mais qui passe difficilement auprès d'une population dont le ressenti est tout autre.

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