L'abattage des oliviers infectés par la bactérie Xylella remis en cause par la justice italienne

Olivier en Italie
Olivier en Italie - © Tous droits réservés

Faut-il oui ou non abattre les oliviers, parfois pluri-centenaires, qui sont infectés par la Xylella fastidiosa, une bactérie d’origine sud américaine, dans la région des Pouilles, en Italie ? Pour plusieurs magistrats italiens qui enquêtent sur cette contamination végétale à grande échelle, rien ne prouve que l’éradication de ces arbres permet d'arrêter l’épidémie. La justice italienne s’oppose donc aux décisions européennes.

Le spectacle est de plus en plus affligeant. Des hectares entiers d’oliviers aux feuilles totalement jaunies par la maladie, ou encore des champs d’oliviers séculaires rasés au sol... pour respecter les ordres de l’Union européenne qui a demandé à l’Italie de détruire à terme 10% des 11 millions d’oliviers des Pouilles pour éviter la propagation de la bactérie en France et en Espagne. Mais voilà, malgré cette injonction, et les arguments avancés par certains scientifiques, comme quoi seul l’abattage des arbres malades peut arrêter la propagation de la bactérie, la Xylella fastidieuse n’en finit pas de se propager dans le talon de la botte italienne.

Saisi par certains producteurs d’huile d’olive, la procure de Lecce a décidé de suspendre tout abattage, estimant que les scientifiques et les responsables politiques ont eu une approche trop univoque par rapport au problème et que l’éradication des arbres a ruiné la beauté du paysage sans arrêter la diffusion de la bactérie. Dix personnes, dont des scientifiques et des chercheurs de l’Université de Bari sont poursuivis, mettant en doute la stratégie européenne, et permettant selon certains associations de défense de l’environnement de chercher une nouvelle approche pour défendre l’immense patrimoine végétal du sud de l’Italie.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK