Kosovo: la Cour constitutionnelle valide un accord controversé avec la Serbie

L'opposition kosovare paralyse depuis mi-septembre le Parlement, recourant parfois à des gaz lacrymogènes dans l'hémicycle pour interrompre les travaux.
L'opposition kosovare paralyse depuis mi-septembre le Parlement, recourant parfois à des gaz lacrymogènes dans l'hémicycle pour interrompre les travaux. - © ARMEND NIMANI - AFP

La Cour constitutionnelle du Kosovo a autorisé mercredi la mise en œuvre d'un projet conférant plus d'autonomie à la minorité serbe, élément d'une tentative de normalisation des relations entre Pristina et Belgrade contestée parfois violemment depuis des mois.

Conclu en 2013 sous l'égide de l'Union européenne, l'accord prévoit la création d'une association des municipalités serbes, considérée comme cruciale par Belgrade, afin d'améliorer les droits de cette minorité ethnique dans ce pays de 1,8 million d'habitants à majorité albanaise.

L'association des municipalités serbes "doit être établie" selon les termes de l'accord entre Pristina et Belgrade, a déclaré la Cour dans une décision transmise aux médias.

La plus haute juridiction du pays a toutefois nuancé son propos, indiquant que les principes de l'établissement de cette association "ne sont pas tout à fait en accord avec l'esprit de la Constitution" et "doivent se mettre en conformité avec les standards constitutionnels". Aucune explication précise de ces réserves n'a été fourni.

Gaz lacrymogènes

En novembre, cette même juridiction avait suspendu à titre "provisoire" la mise en œuvre de l'accord.

Ancienne province méridionale serbe, le Kosovo a proclamé son indépendance en 2008. La Serbie n'a jamais reconnu cette indépendance, contrairement à une centaine d'Etats, mais l'UE a lancé un dialogue entre les deux anciens ennemis, encore marqués par le conflit sanglant de 1998-1999, afin de normaliser leurs relations.

L'opposition kosovare paralyse depuis mi-septembre le Parlement afin d'obtenir l'abandon des accords avec la Serbie, recourant parfois à des gaz lacrymogènes dans l'hémicycle pour interrompre les travaux.

Les partis d'opposition disent craindre que ces accords aggravent les divisions ethniques et renforcent l'influence de la Serbie au Kosovo.

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