Islande, quand les entrailles de la terre se réveillent

La lave n’avait pas coulé depuis le XIIIe siècle. Autant dire que l’éruption de ce week-end en a ravi plus d’un. Certes, il s’agit d’une petite éruption volcanique à un rythme ralenti mais le spectacle qu’elle offre est magique.

Le volcan se situe à une quarantaine de kilomètres de la capitale islandaise, Reykjavik. Cela faisait trois semaines qu’une intense activité sismique était en cours. Ce vendredi soir, un flot de lave a enfin jailli d’une fissure d’environ 500 mètres de long dans le sol à Geldingadalur, près du mont Fagradalsfjall, illuminant d’abord la nuit d’un nuage rouge.

"Le plus probable est que l’éruption diminue, que sa puissance se réduise doucement et qu’elle se termine dans quelques jours seulement", a estimé Kristin Jonsdottir, une responsable de l’Institut météorologique d’Islande lors d’une conférence de presse.

"C’est comme une baignoire dans laquelle la lave peut lentement s’écouler", s’est réjoui Magnús Tumi Gudmundsson, géophysicien à l’Université d’Islande.

"Tout suggère que l’éruption va ralentir mais à quelle vitesse, c’est difficile à dire", a-t-il ajouté.

Un soulagement pour les communes situées aux alentours du volcan, secouées depuis trois semaines par une multitude de séismes atteignant parfois des magnitudes de 5.

Pour les touristes c’est une aubaine.

"Cela suggère la fin d’une période calme. Et nous entrons dans une période qui pourrait durer des siècles avec des éruptions à des intervalles de 10 ou 100 ans", selon Magnús Tumi Gudmundsson.

D’après l’institut météorologique islandais, le système volcanique de Krysuvik est resté inactif pendant 900 ans. Ce dernier épisode s’était espacé de façon intermittente sur une durée de 30 ans autour des années 1210 à 1240.


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Située sur une dorsale entre les plaques tectoniques eurasienne et nord-américaine, l’Islande est la plus active et la plus grande région volcanique d’Europe, avec 32 volcans considérés comme actifs.

 

La région faisait l’objet d’une surveillance accrue depuis plusieurs semaines après qu’un séisme de magnitude 5,7 avait été enregistré le 24 février.

Ce tremblement de terre a été suivi d’un nombre très inhabituel de secousses plus petites : plus de 50.000. Du magma avait été détecté à près d’un kilomètre sous la surface.

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© AFP photos

Le pays compte une éruption en moyenne tous les cinq ans, la dernière ayant eu lieu entre août 2014 et février 2015 dans une zone inhabitée du centre.

Mais la plus célèbre de l’ère moderne est celle de l’Eyjafjallajökull en 2010, dans le sud de l’île. Son immense panache de fumée avait entraîné la plus grande perturbation aérienne en temps de paix, paralysant le ciel européen pendant près d’un mois.

Un scénario exclu cette fois-ci, en l’absence quasi totale de cendres.

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© Eurovision news
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