Irlande du Nord : la législation anti-avortement viole les droits des femmes

Des militants anti-avortement à Belfast en 2012
Des militants anti-avortement à Belfast en 2012 - © Archive PETER MUHLY - AFP

La législation très restrictive sur l'avortement en Irlande du Nord viole les droits des femmes, a estimé lundi la Haute Cour de justice de cette région britannique, dans une décision jugée historique.

La Haute Cour avait été saisie par la Commission nord-irlandaise des droits de l'homme (NIHRC), afin d'obtenir que les femmes victimes de viol, d'inceste ou portant un enfant gravement mal formé puissent avorter.

Actuellement, la législation nord-irlandaise, la plus restrictive du Royaume-Uni, n'autorise l'avortement que si la vie de la mère est en danger. Le viol, l'inceste ou la malformation du fœtus ne sont pas des raisons légales d'avorter, et même dans ces cas l'avortement constitue un crime passible de la prison à vie.

"La décision d'aujourd'hui est historique et sera saluée par les nombreuses femmes et jeunes filles qui se sont trouvées confrontées à ces situations", a déclaré Les Allamby, responsable de la NIHRC, cité dans un communiqué.

Elle ne modifie toutefois pas la loi, ce qui appartient au Parlement régional, où l'opposition à une telle réforme demeure importante.

Pour le juge Mark Horner, de la Haute Cour, citant l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, les droits des femmes nord-irlandaises "sont violés par l'interdiction généralisée d'avorter en cas de malformation du fœtus ou de grossesses résultant de crime sexuels".

Contacté, le ministère nord-irlandais de la Justice n'avait pas réagi en fin de matinée.

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