Hugues Bayet: "L'Europe n'est pas un restaurant où l'on choisit son menu à la carte"

La Semaine de l'Europe : L'Europe n'est pas un restaurant où l'on choisit son menu à la carte
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Hugues Bayet est député européen socialiste. Invité de la Semaine de l'Europe, le magazine de l'actualité européenne sur La Première, il nous livre ses commentaires sur le discours de la Première Ministre polonaise devant les députés européens, la fin annoncée de l'espace Schengen ou le démarrage difficile du plan Juncker à 315 milliards d'euros...

Beata Szidlo, la Première Ministre polonaise était attendue de pied ferme par les députés européens après la reprise en main du tribunal constitutionnel et des médias publics. Pendant plus de trois heures, elle a défendu l'action de son gouvernement en expliquant qu'il s'agissait avant tout de remettre de l'ordre dans les affaires intérieures du pays et de contrer les mesures antidémocratiques prises par le précédent gouvernement. La Pologne est un Etat démocratique et la procédure de mise sous surveillance initiée par la Commission européenne est injuste. Bref, circulez, il n'y a rien à voir... 

Visiblement, elle n'a pas convaincu Hugues Bayet : "La vraie difficulté avec la plupart des chefs d'Etat et de gouvernement en Europe, c'est qu'ils estiment que l'Union européenne fait de l'ingérence dans leurs affaires intérieures. L'Europe ce n'est pas un restaurant où l'on choisit son menu à la carte. L'Europe n'est pas simplement une construction juridique qui permet de créer un espace de liberté et de circulation pour les personnes ou les produits. C'est aussi et d'abord un rassemblement de peuples et de cultures qui ont décidé de défendre ensemble les mêmes valeurs et les mêmes principes."

L'espace Schengen aussi est mal en point

Mais il n'y a pas que les valeurs européennes qui soient mises sous pression. La liberté de circulation aussi a du plomb dans l'aile. Donald Tusk, le Président du Conseil européen et Mark Rutte, le Premier Ministre néerlandais l'ont rappelé aux députés européens. Aucune des mesures prises par les Européens pour ralentir le flux de réfugiés qui débarquent en Europe ne porte ses fruit. Les responsables européens pointent du doigt la responsabilité de la Turquie, accusée de ne pas en faire assez pour empêcher les réfugiés de prendre la mer vers la Grèce.

"La Turquie n'en fait probablement pas assez" reconnaît Hugues Bayet. "La Grèce et l'Italie sont en première ligne pour l'accueil des réfugiés en Europe. Ils ne s'en sortent pas. Ils n'arrivent pas à respecter les règles de Schengen. Les frontières sont un gruyère. Les hotspots, ces centres d'accueil censés enregistrer les nouveaux arrivants ne sont pas suffisamment encadrés... et pourtant les autres États membres ne veulent pas les aider. Avant de taper sur la Turquie, essayons de régler nos problèmes entre nous !"

Le plan Juncker, un démarrage difficile

L'économie européenne a du mal à retrouver la croissance. Et là encore, les Européens ont du mal à s'entendre pour faire redémarrer la machine. Le plan de relance que Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne a du mal à démarrer. Il doit permettre aux investisseurs de mettre 315 milliards d'euros dans l'économie européenne d'ici la fin 2017. A ce jour, seuls 50 milliards d'euros ont été investis dans des projets.

"On ne peut pas encore parler d'échec, mais le plan Juncker démarre très très lentement", estime l'eurodéputé belge. "Seuls 40 projets ont été approuvés et surtout dans les grands pays de l'Union européenne. Mais si on veut relancer l'économie et la croissance, il faut aussi investir dans le sud de l'Europe, pas en France, au Royaume Uni ou en Allemagne."

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