Frauke Petry, la Marine Le Pen allemande, propose une extrême droite décomplexée et affirmée

Ne vous fiez pas à ses airs d’adolescente et à son sourire en coin, sous ses cheveux courts, et son tailleur soigné Frauke Petry cache une redoutable machine politique.

Mais en dernière instance on doit pouvoir avoir recours aux armes

A 40 ans, la présidente du parti populiste "Alternative pour l’Allemagne" (AfD), est omniprésente dans les médias. Et elle inquiète outre-Rhin, d’autant que son crédo c’est la provoc’. Slogans durs, formules chocs, Petry irrite pour faire parler d’elle. Sa dernière charge en date contre les migrants a fait grincer bien des dents : "Aucun policier ne veut tirer sur un réfugié, je ne le veux pas non plus. Mais en dernière instance on doit pouvoir avoir recours aux armes pour protéger les frontières nationales", a-t-elle lancé vendredi dernier à quelques heures des élections régionales allemandes qui ont vu hier son parti devenir la troisième force politique d’Allemagne. Il réalise une percée historique.

Frauke Petry fait donc partie de la droite dure, extrême, celle qui divise, celle qui fait monter la fièvre anti-immigration, celle qui attire les déçus des partis traditionnels, ceux qui s’estiment laissés pour compte et son discours d’extrême droite s’enracine chaque jour un peu plus.

L’Islam pas compatible avec la culture allemande

Pour le très influent magazine "Der Spiegel" qui la mise en Une cette semaine, elle fait ni plus, ni moins partie des "prédicateurs de la Haine". Celle qui était jusque-là détestée par une bonne partie de l’Allemagne, séduit aujourd’hui avec ses raccourcis populistes dans un pays qui depuis la fin de la deuxième guerre mondiale avait pourtant rangé au placard les discours haineux.

"Je ne pense pas que l’Islam soit compatible avec la culture allemande" disait-elle dimanche soir dans un français parfait à nos confrères de France Télévision : "L’islam traditionnel est très différent de la culture européenne".

Cette Allemande de l’est est née en 1975, à Dresde, élève modèle, diplômée en chimie, mère de 4 enfants, est sans conteste une femme politique de poigne. Elle n’apprécie pas qu’on la compare à la Française Marine Le Pen, pourtant, comme elle, est "anti-tout": l’Europe, l’euro, les élites, les migrants. Son parti est désormais crédité de plus de 10% des intentions de vote au niveau fédéral en Allemagne.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK