France : Nicolas Bedos, Marseille... face au coronavirus le ras-le-bol grandit tandis que l'épidémie reprend

France : Nicolas Bedos, Marseille... face au coronavirus le ras-le-bol grandit tandis que l’épidémie reprend
France : Nicolas Bedos, Marseille... face au coronavirus le ras-le-bol grandit tandis que l’épidémie reprend - © NICOLAS TUCAT - AFP

A ma gauche, les chiffres dans leur réalité implacable : plus de 16.000 nouveaux cas en 24 heures en France. C’est 3000 en plus que la veille et, selon " Santé publique France ", ils sont sous-estimés en raison de la saturation des capacités de diagnostic.

Le taux de positivité – c’est-à-dire le nombre de cas positifs sur les personnes testées – atteint désormais les 6,5%, contre 1,4% fin juillet. Et les admissions en réanimation sont " en augmentation exponentielle ". Bref, pour les professionnels de la santé, il y a bel et bien de quoi s’inquiéter si l’on veut éviter de revivre un scénario comparable au printemps dernier.

Nous devons désormais vivre

A ma droite, le ras-le-bol vis-à-vis de ce virus qui nous empêche de vivre comme on l’entend. Nicolas Bedos va jusqu’à écrire : Nous devons désormais vivre, quitte à en mourir. Diable : On croirait presque lire du Paul Eluard et son poème Liberté j’écris ton nom. Sauf que le contexte est très différent : l’hymne à la liberté d’Eluard est un appel à la Résistance, écrit sous l’occupation nazie.

La liberté version 2020 revendiquée par Nicolas Bedos non pas contre un occupant mais contre un virus, c’est celle d’aller aux restaurants, d’engueuler les flicaillons, de contredire vos patrons et les lâches directives gouvernementales. Bref, Bedos tombe le masque et nous appelle carrément tous à le faire…

De quoi se faire recadrer sèchement par Olivier Véran, le ministre de la Santé : On ne peut pas imposer aux gens de prendre soin d’eux malgré eux mais on peut imposer aux gens de prendre soin des autres malgré eux. Et cette polémique à la française a une portée universelle.

Rassemblements urbains très fréquentés

D’un côté, il faudrait se boucher les oreilles et se cacher les yeux pour ne pas l’admettre : on n’en a pas fini avec le covid, que ce soit en France ou ailleurs et l’Europe n’est pas épargnée : l’Union européenne appelle d’ailleurs ses Etats membres à durcir les mesures de contrôle immédiatement, se disant particulièrement inquiète pour plusieurs pays de l’est et pour l’Espagne.

Alors à Madrid, à Munich, à Londres ou dans le sud de la France, les autorités ciblent les lieux de rassemblement urbains très fréquentés le soir, c’est-à-dire les bars et les restaurants.

Mais, d’un autre côté, ces mesures restrictives sont de moins en moins acceptées par l’ensemble de la société. Il y a quelques mois, beaucoup pensaient que c’était juste une parenthèse, un mauvais moment à passer et ensuite tout redeviendrait comme avant. Mais à présent, on se dit que c’est plutôt cet été qui tenait lieu de parenthèse.

Une tragédie

A Marseille, les esprits s’échauffent et gagnent les autorités locales. Les représentants du monde économique ont appelé à manifester ce vendredi, ils étaient un millier à huer le nom du ministre de la Santé. Celui-ci a imposé la fermeture des bars et restaurants dans toute la métropole d’Aix-Marseille.

Ce qui a eu pour résultat d’unir les élus de la région contre le gouvernement : côte à côte la maire écolo de Marseille et le président LR de la Région, gauche et droite ensemble pour s’opposer, y compris au plan judiciaire, à une mesure jugée inique et punitive…

Bien sûr, pour les restaurateurs, déjà durement éprouvés au printemps, cette fermeture s’apparente à une tragédie. Comme ils le disent, pour eux, l’addition est salée. On notera que les autorités, souvent critiquées d’être peu attentifs au secteur culturel, ont autorisé les théâtres, musées et cinémas marseillais à rester ouverts, pour peu qu’ils aient un protocole sanitaire strict.

Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés

Une certitude : nous n’en avons pas fini avec ce virus, qui bouleverse nos vies et ébranle nos sociétés, au point de déclencher aujourd’hui à Marseille ce qui s’apparente à une " Fronde ", c’est-à-dire une contestation de l’ordre établi, une protestation contre des décisions prises par une autorité centrale.

La Fronde du petit face au grand, comme l’arme qui lance des projectiles et qui a permis à David de terrasser Goliath… C’est au 17e siècle que le mot " Fronde " fait son apparition dans l’histoire de France pour qualifier le soulèvement des nobles contre la monarchie. Coïncidence ou pas, c’est au 17e siècle aussi que La Fontaine écrit cette phrase qui résonne tellement aujourd’hui : Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés.

Alors, si tel La Fontaine, il nous faut trouver une morale à cette histoire qui n’est hélas pas une fable, peut-être pourrions-nous écrire :

Face au covid, conservons plutôt la tête froide

Tentons d’éviter les jugements blancs ou noirs

Il faut bien sûr vivre et aussi raison garder

Nous n’en avons pas fini de sortir masqués

 

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