France : feu vert du comité d’éthique pour des "soldats augmentés"

Des soldats qui ne ressentent pas la fatigue, ni le stress, qui courent plus vite, sautent plus haut, voient plus loin ? Ce pourrait bien être la réalité à l’avenir grâce à des interventions technologiques directement sur l’humain. Le comité d’éthique du ministère des Armées en France s’est penché sur la question, et a donné son feu vert pour la recherche dans le domaine. C’est ce qui ressort d’un rapport présenté vendredi à la ministre compétente Florence Parly, à l’occasion d’un forum sur l’innovation dans l’armée.

Au-delà des possibles exosquelettes, ces armures bardées d’électronique et de technologique qui permettraient de prendre en charge une partie des efforts réalisés par l’homme. C’est surtout la question des techniques dites "invasives" qui pose question. Il s’agit alors d’injecter ou absorber des substances, implanter des puces ou encore de réaliser des interventions chirurgicales. Tout cela dans un but : améliorer les capacités physiques et cognitives du soldat.


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"C’est une armée qui va être augmentée, aussi bien les combattants que les véhicules. Les véhicules vont intégrer davantage de protection et de mobilité, une fonction 'feu' plus diversifiée, des moyens d’observation et de connectivité accrus. Le combattant débarqué lui-même va être plus agile, plus autonome, plus protégé et pleinement intégré au combat collaboratif", explique l’ingénieure en chef Moreti du comité d’éthique de la défense, sur le site du ministère.

Des limites doivent être fixées

Matière à débattre donc et c’est tout l’intérêt du comité d’éthique créé par la ministre des Armées fin 2019. Composé de 18 personnes, des militaires, mais aussi des juristes, des médecins, des ingénieurs, scientifiques ou même historiens, le comité a rendu un avis positif, bien qu’uniquement consultatif, sur de futures recherches dans le domaine.

Le quotidien français Le Monde a pu consulter ce rapport. On y évoque une analyse du bénéfice/risque pour chaque éventuelle augmentation ou encore une analyse de la réversibilité des transformations sur l’humain.

Les limites à ne pas dépasser y sont aussi édictées. Ainsi, pas question de prendre le risque d’une perte d’humanité, l’augmentation cognitive qui porterait atteinte au libre arbitre ou encore les modifications génétiques. Le comité précise aussi que les augmentations ne doivent pas mettre en péril l’intégration du militaire dans la société ou un éventuel retour à la vie civile. Des questions qui seront sans doute confrontées à la réalité des équipements concrets qui ressortiront des études prochainement menées.

Notons que, pour l’instant, les seules pratiques "invasives" pratiquées par l’armée française sont l’utilisation de produits permettant de récupérer après un effort, les médicaments ou encore la vaccination.

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