France : des experts toujours opposés à l’utilisation d’Astrazeneca pour les moins de 55 ans

Un groupe d’experts réuni par l’Agence du médicament (ANSM) a émis ce mercredi des "réserves" quant à l’utilisation du vaccin AstraZeneca chez les plus jeunes, "au vu du risque" de thromboses rares et "du bénéfice individuel attendu plus limité".

"La balance bénéfice/risque individuelle absolue des vaccins à plateforme adénovirale" comme ceux d’AstraZeneca et de Janssen "reste positive", et "le bénéfice de ces vaccins est particulièrement marqué dans les populations les plus âgées", conclut ce comité, mis en place en avril pour examiner les cas de thromboses rares et atypiques observées après des vaccinations contre le Covid-19.

En revanche, ces experts "émettent des réserves" quant à l’utilisation "chez les plus jeunes au vu du risque de complication […] et du bénéfice individuel attendu plus limité".

Aussi, ils considèrent qu’il est "pertinent de maintenir la limite d’âge", a indiqué à l’AFP le co-président de ce comité, Dr Pierre Demolis.

Pas de renoncement à AstraZeneca

En revanche, alors que la Norvège vient d’annoncer mercredi qu’elle renonçait totalement au vaccin d’AstraZeneca, suivant l’exemple du Danemark, "l’ANSM considère que l’utilisation" de ce vaccin "chez les plus de 55 ans peut être maintenue".

Cet avis tient compte "de la circulation actuelle du virus Sars-CoV-2 en France", en diminution mais à un niveau encore élevé, précise l’agence sanitaire.


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Les vaccins AstraZeneca et Janssen sont restreints depuis mi-mars aux plus de 55 ans, car les rares cas de thromboses atypiques (associées à un trouble de la coagulation ou localisées à un endroit inhabituel) ont été majoritairement observés chez des personnes plus jeunes.

Ces deux vaccins sont dits à "vecteur viral" car ils prennent comme support un type de virus courant appelé adénovirus, modifié pour transporter dans l’organisme des informations génétiques permettant de combattre le Covid.

L’avis de la haute autorité de santé attendu

En France, 30 cas de thromboses atypiques, dont 9 décès, ont été rapportés, sur plus de 3.855.000 injections réalisées au 29 avril avec le vaccin AstraZeneca, selon l’ANSM. Peu de données sont encore disponibles sur le vaccin Janssen, utilisé seulement depuis fin avril.

Le ministre de la Santé Olivier Véran a saisi le comité d’orientation de la stratégie vaccinale et la Haute autorité de santé (HAS) sur l’éventualité de permettre à nouveau à tous les adultes de recevoir le vaccin AstraZeneca.

Le président de la première instance, Alain Fischer, s’est dit la semaine dernière "plutôt d’avis de rester sur la recommandation actuelle", tandis que la HAS, dont l’avis est attendu mercredi soir, se prononcera sur la base des données du comité d’experts réuni par l’ANSM.

Ce comité de spécialistes (infectiologues, virologues, immunologues, épidémiologistes…), qui intègre aussi un représentant des associations de patients, s’est réuni à trois reprises et a passé en revue l’ensemble des vaccins actuellement administrés.

Il confirme que "rien d’analogue n’a été observé avec les vaccins à ARN" (Pfizer/BioNTech et Moderna) et qu'"un rôle du vecteur adénoviral est à ce stade une hypothèse retenue".

Concernant l’origine de ces complications, le comité estime que "l’hypothèse la plus vraisemblable" est "une réaction auto-immune liée à la présence d’anticorps dirigés contre une protéine des plaquettes", explication avancée par des spécialistes fin mars.

En revanche, "l’origine de cette réaction auto-immune chez certaines personnes vaccinées est encore inconnue" et "aucune population présentant un risque majoré […] n’a pu être déterminée".

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