Espagne: les principaux candidats à la présidence du gouvernement

Les Espagnols ont commencé dimanche à se rendre aux urnes pour des législatives sans précédent à l'issue incertaine, marquées par l'émergence de deux nouveaux partis, le libéral Ciudadanos et Podemos (gauche radicale). Les bureaux de vote à travers le pays ont accueilli les premiers électeurs à 9h00 (même heure en Belgique).

Ils accueilleront les électeurs, au nombre de 36,5 millions en tenant compte des résidents étrangers, jusqu'à 20h00. Dans ce scrutin, le Parti populaire (droite), au pouvoir depuis 2011, pourrait perdre sa majorité absolue, voire le pouvoir. Le PP du chef du gouvernement conservateur sortant Mariano Rajoy reste malgré tout le favori, selon les derniers sondages, mais est crédité de 25 à 30% d'intentions de vote seulement.

Depuis 1982, le PP et son rival le Parti socialiste (PSOE) alternent au pouvoir. Podemos et Ciudadanos, les nouveaux partis qui vont entrer au parlement, risquent de changer la donne, en forçant via le morcellement des votes la formation d'alliances pour permettre de construire un nouveau gouvernement.

Les quatre principaux candidats à la présidence du gouvernement en Espagne, tous des hommes, sont issus de deux nouvelles formations - Podemos et Ciudadanos - et de deux grands partis traditionnels, PP et PSOE.

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Montage de photos d'archives de Pablo Iglesias (Podemos), Albert Rivera (Ciudadanos), Pedro Sanchez (PSOE) et Mariano Rajoy (PP). © AFP

Mariano Rajoy

A 60 ans, le conservateur Mariano Rajoy au pouvoir depuis fin 2011 demande à l'Espagne de le réélire, afin d'appliquer "la même politique économique" centrée sur la maîtrise des dépenses et la croissance.

Après une cure d'austérité douloureuse, le président du Parti populaire (PP, droite) assure "que le plus dur de la crise est passé" et axe sa campagne sur la "reprise" amorcée en 2014, promettant de compléter le travail accompli en facilitant la création "deux millions d'emplois" en quatre ans par des allègements fiscaux et un renforcement de la formation. Il insiste beaucoup sur la défense des revenus des retraités, l'une de ses cibles.

"Conservateur des hypothèques" de profession, ce Galicien impassible a milité très jeune pour l'Alliance populaire - fondée par d'anciens ministres du dictateur Franco - devenue en 1989 le PP.

Face à ses jeunes rivaux peu expérimentés, il revendique 34 ans de vie politique, lui qui fut cinq fois ministre de Jose Maria Aznar.

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Mariano Rajoy, candidat du Parti populaire (droite). © GABRIEL GALLO - AFP

Pedro Sanchez

A 43 ans, le socialiste Pedro Sanchez voudrait marcher sur les pas de son référent, l'ex-président du gouvernement socialiste Felipe Gonzalez (1982-96).

Surnommé "Pedro el guapo" ("le beau gosse"), ce professeur d'économie madrilène ne s'est fait connaître du grand public qu'il y a deux ans. Premier dirigeant socialiste élu lors de primaires, ex-conseiller municipal à Madrid, il est déjà député au Congrès où il a souvent attaqué la gestion de Rajoy.

Se revendiquant social-démocrate, il promet "un revenu minimum vital pour les familles sans ressources", et rétablir les droits selon lui bafoués par la droite: droits des salariés, droit à la santé, droits des immigrés, des femmes, droit de manifester.

Il admire le chef du gouvernement italien, Matteo Renzi (Parti démocrate), et affiche sa proximité avec le Premier ministre français, Manuel Valls (Parti socialiste).

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Pedro Sanchez, candidat du parti socialiste espagnol. © JORGE GUERRERO - AFP

Pablo Iglesias

A 37 ans, Pablo Iglesias est le candidat du parti de gauche radicale Podemos ("Nous pouvons"), né au début de 2014 pour transformer "l'indignation en changement politique".

L'ancien professeur de sciences politiques a siégé 14 mois au Parlement européen, depuis mai 2014, avant de se consacrer uniquement à la campagne pour les législatives.

Le Madrilène à la queue de cheval - habitant un modeste appartement de banlieue - fustige les politiques d'austérité imposées par l'Union européenne face à la crise. Il met en avant le "refus de la corruption", la "défense des classes populaires" pour lesquelles il veut "un plan d'urgence sociale", et le "droit à l'autodétermination pour les Catalans et les Basques", même s'il souhaite que l'Espagne reste unie.

Son parti vante les expériences de gestion des maires "indignés" de Madrid, Barcelone ou Cadix. En Europe, son parti est le grand allié du grec Syriza.

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Pablo Iglesias, candidat de Podemos (parti de gauche radicale). © JOSE JORDAN - AFP

Albert Rivera

A 36 ans, l'avocat Albert Rivera se présente à la tête du petit parti libéral Ciudadanos ("Citoyens"), qui a fait une percée spectaculaire en dénonçant la corruption et les tentations indépendantistes.

Ancien conseiller juridique d'une banque, ce Barcelonais se consacre entièrement à la politique depuis huit ans. Orateur télégénique et féru de réseaux sociaux, il a siégé au parlement régional de Catalogne entre 2006 (à 27 ans) et 2015.

Vantant "le changement raisonnable", son parti de centre droit - né en 2006 à Barcelone d'abord pour contrer l'indépendantisme catalan - est libéral en économie comme sur les sujets de société. Il propose d'investir dans la rechercher et l'éducation et de supprimer les contrats de travail temporaires en créant un "contrat de travail unique". Ciudadanos ne dirige aucune ville ni collectivité mais a surfé sur son succès aux élections régionales en Catalogne en septembre, où il a obtenu 17,9%, apparaissant comme la deuxième force après la coalition indépendantiste Junts pel si.

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Albert Rivera, candidat du Ciudadanos (parti libéral). © PEDRO ARMESTRE - AFP
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