Energie renouvelable: la Commission européenne dévoile ses propositions, déjà très critiquées

Energie renouvelable: la Commission européenne dévoile ses propositions, déjà très critiquées
Energie renouvelable: la Commission européenne dévoile ses propositions, déjà très critiquées - © JEAN-FRANCOIS MONIER - AFP

La Commission européenne va dévoiler ce mercredi ses propositions pour organiser le marché de l'énergie et en particulier le renouvelable.

La Commission a coulé dans des textes les engagements pris par les 28 États membres avant la COP21 de Paris, il y a deux ans. Ils s'étaient engagés à réduire de 40% les émissions de gaz à effet de serre en Europe dans les 15 ans à venir, donc d'ici 2030. Pour y arriver, l'objectif est de porter à 27% la part du renouvelable dans la production d'électricité et d'arriver aussi à 27% d'économies d'énergie, tout cela d'ici 2030.

Ces objectifs ont été concrétisés dans une série de mesures très techniques.

Avant même que ces propositions soient publiées, les commentaires sont déjà assez nombreux à gauche, comme à droite.

Les ONG environnementalistes par exemple sont sur le pied de guerre. Elles redoutent que la Commission supprime l'accès prioritaire au réseau des énergies renouvelables sous prétexte que ces énergies sont assez matures aujourd'hui. Cela reviendrait, selon les ONG, à favoriser les centrales classiques au détriment des éoliennes, plus faciles à arrêter en cas de surplus d'électricité.

Aujourd'hui, on ne fait pas une transition bas carbone, on fait une transition antinucléaire en subventionnant les plus chères des énergies renouvelables

Et puis, dans le camp pro-nucléaire aussi on fourbit ses armes. L'économiste Jean-Marc Jancovici est partenaire du cabinet-conseil Carbone 4 à Paris, il estime que la transition énergétique est mal engagée et que l'Europe n'arrivera pas à atteindre ses objectifs en continuant sur sa lancée. 

"Si on était sérieux sur la transition bas carbone, qu'est-ce qu'on ferait ? On augmenterait très vite les taxes carbone dans les États européens. On le fait ? Pas que je sache. On limiterait très vite la baisse de la consommation des voitures qu'on vend en Europe. On le fait ? Pas que je sache. On diminuerait très vite la production industrielle de matériaux de base pour passer à une économie plus circulaire et des produits plus réparables. On le fait ? Pas que je sache. On diviserait le cheptel bovin par deux, parce qu'il ne faut pas oublier les émissions agricoles qui sont une composante majeure. On le fait ? Pas que je sache, on vient de faire l'inverse en supprimant les derniers quotas qui existaient et en disant : 'produisez autant de lait que vous voulez, le marché s'ajustera'. Donc on est en train de faire tout à l'envers si on veut faire une transition bas carbone. Donc aujourd'hui, on ne fait pas une transition bas carbone, on fait une transition antinucléaire en subventionnant les plus chères des énergies renouvelables qui, au fond, dans l'esprit des promoteurs, doivent avant tout remplacer le nucléaire, et pas autre chose", regrette-t-il.

Que faudrait-il faire pour se donner les chances de "décarboner" notre économie et réduire le réchauffement climatique ?

Ce que disent beaucoup d'économistes, c'est qu'il faut faire payer le juste prix à ceux qui émettent du CO2, faire payer ceux qui polluent en utilisant des centrales au charbon, comme l'Allemagne par exemple. Pour Marco Cometto de l'Agence de l'énergie nucléaire à l'OCDE à Paris, il n'y a pas 36 solutions : "Je pense que si on voulait vraiment atteindre des objectifs en réduction de CO2, il faudrait mettre en œuvre une pression au CO2, ce qui permettrait probablement d'avoir une compétition plus équitable entre les différentes technologies, et aussi permettrait de minimiser le coût d'une réduction de CO2. Donc ce serait économiquement probablement plus efficace d'attacher un prix au CO2 que de faire ce qu'on est en train de faire actuellement. Maintenant, on a choisi des technologies qu'on essaie de déployer, sans regarder l'impact sur le système et quel est véritablement l'effet en termes de réduction de CO2".

Les tenants de l'atome estiment que le nucléaire garde toute sa place dans la transition énergétique puisqu'il n'émet pas de CO2, au contraire des énergies fossiles. Cela promet en tout cas de beaux débats avant que le Winter Package de la Commission soit adopté.

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