En plein renouveau, le Lëtzebuergesch veut être reconnu par l'UE

Place de la Constitution à Luxembourg, le 29 août 2017
Place de la Constitution à Luxembourg, le 29 août 2017 - © ludovic MARIN

Il est parlé par moins de 400.000 personnes dans le monde et l'Unesco le considère comme une langue "vulnérable". Pourtant, l'apprentissage du Lëtzebuergesch, la langue nationale du Luxembourg, est en plein essor, au point que les autorités du Grand-Duché songent à la faire reconnaître par l'UE.

Pour encourager la promotion du Lëtzebuergesch, à l'intérieur et au-delà des frontières de ce petit pays de 590.000 habitants, un projet de loi a été déposé début janvier à la Chambre des députés.

"Il a été décidé d’entreprendre des négociations avec les institutions européennes pour trouver un accord sur un arrangement administratif", a précisé le ministère luxembourgeois de l’Education nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse.

"Concrètement, cela signifierait que chaque citoyen aurait le droit de s’adresser aux institutions européennes en luxembourgeois et de recevoir une réponse dans cette langue", a précisé le ministère.

Vulnérable

Le Lëtzebuergesch est un dialecte francique-mosellan qui est parlé par 390.000 locuteurs selon l’Unesco. Cette dernière le qualifie de "vulnérable" dans son Atlas des langues en danger dans le monde.

Selon l’Institut national de statistiques luxembourgeois (Statec), cet idiome est la première langue parlée par les 590.000 résidents (55,8%).

Par nationalité, le luxembourgeois est parlé par près de neuf Luxembourgeois sur dix mais par seulement 5% des résidents étrangers. Ceux-ci représentent près de la moitié de la population.

S'il est reconnu depuis 1984 comme langue nationale, il figure aussi parmi les langues administrative et judiciaire avec le français et l’allemand.

Raz-de-marée

En 2012, l'éditeur Assimil a publié un guide de conversation qui s’est écoulé à plus de 10.000 exemplaires en un an.

"On a été très surpris par les ventes, un véritable raz-de-marée à l’aune du nombre de locuteurs, qui plus est pour une langue qui était menacée de disparition", assure directeur marketing Nicolas Ragonneau.

"On peut dire qu’il y a une demande croissante des méthodes de langue donc, une grande volonté des personnes qui ne parlent pas le Lëtzebuergesch de l’apprendre", souligne Gabi Bisenius, spécialiste des contenus en luxembourgeois.

Un constat visible à l’Institut National des Langues (INL), un centre d’apprentissage public. "Les cours de luxembourgeois, surtout les cours pour débutants, sont pris d’assaut dès le début des inscriptions", témoigne sa directrice, Karin Pundel.

"Je pense qu’il y a simplement de plus en plus de gens qui viennent vivre au Luxembourg et qui veulent s’y intégrer et se sentir chez eux", conclut Pundel.

Pour avoir une idée de ce à quoi ressemble la langue, voici une vidéo qui en fait la promotion :

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