Élections en Italie: l'UE mise sur un accord de grande coalition

L'Union européenne s'inquiète des risques de paralysie de l'Italie au lendemain des élections générales du 4 mars et mise sur un accord de grande coalition entre les familles politiques pro-européennes afin d'éviter le "pire scénario".

Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, a résumé le sentiment général: "Je voudrais que l'Italie après le 4 mars puisse disposer d'un gouvernement qui gouverne" grâce à un soutien parlementaire.

Le retour du Cavaliere

Les partenaires européens de l'Italie se sont refusés à tout commentaire lors de leur sommet informel vendredi dernier à Bruxelles. Mais certains œuvrent en coulisses pour favoriser une alliance entre Silvio Berlusconi, le patron de Forza Italia (FI, droite), et Matteo Renzi, le secrétaire général du Partido Democratico (PD, centre-gauche), si aucun ne parvient à obtenir la majorité, ont confié à l'AFP plusieurs sources européennes.

L'alliance de FI avec des partis d'extrême droite - La Ligue et Fratelli d'Italia - a le vent en poupe à l'approche du scrutin du 4 mars, mais l'issue reste très incertaine et pourrait conduire à un Parlement sans majorité stable. Le scrutin en vigueur est un dosage complexe entre proportionnelle et majoritaire et il permet d'obtenir la majorité des sièges avec 40% ou 45% des voix.

Selon les derniers sondages, la coalition droite-extrême droite est créditée de 37% à 38% des intentions de vote, dont 17-18% pour Forza Italia. Le PD recueillerait 22% des suffrages.

Faire barrage au M5S

Inéligible depuis sa condamnation pour fraude fiscale, Silvio Berlusconi reste néanmoins incontournable et se voit en "faiseur de roi".

Le milliardaire de 81 ans a été reçu comme un ami fin janvier à Bruxelles par Jean-Claude Juncker, et Angela Merkel le considère à nouveau comme un partenaire en politique après avoir exercé des pressions pour le contraindre à démissionner en novembre 2011.

Ces grandes manoeuvres ont un seul but: faire barrage au Mouvement 5 étoiles (M5S), le parti populiste fondé par un humoriste contestataire, Beppe Grillo, crédité lui de près de 28% des intentions de vote, selon un responsable européen.

"J'ai le sentiment que personne n'aura la majorité, même pas une grande coalition", prédit un des plus sceptiques à Bruxelles. "Il y a un risque réel de blocage du système", s'alarme-t-il.

Juncker trop impliqué dans le vote des Italiens ?

Le président de la Commission européenne s'est dit préoccupé par toutes les incertitudes qui pèsent actuellement sur l'Europe, citant "le référendum interne des sociaux-démocrates allemands sur l'accord de coalition avec les chrétiens-démocrates" organisé le 4 mars, le même jour que les élections en Italie, et "la multiplication des gouvernements minoritaires".

La mise en garde a fait scandale et Jean-Claude Juncker a dû se défendre d'avoir voulu influencer le vote des Italiens.

Silvio Berlusconi était en meeting ce 25 férvrier à Milan:

Lors de son discours dans la capitale lombarde,  il a promis entre autres de baisser les taxes et de rapatrier 600 000 réfugiés illégaux

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