Election en Pologne : l’OSCE pointe une campagne "polarisée" et "un parti pris médiatique"

Le chef de l’Etat conservateur polonais Andrzej Duda a remporté de justesse un nouveau mandat à la tête de la Pologne face à son farouche opposant, le libéral Rafal Trzaskowski. Des élections qui se sont déroulées dans un contexte sanitaire compliqué avec la crise du coronavirus mais également dans une atmosphère tendue entre deux camps que tout oppose.

Si l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a salué la tenue d’élections organisées correctement en dépit du contexte, elle déplore un climat tendu, "un parti pris médiatique et une mauvaise utilisation des ressources".

Impartialité des médias

"L’hostilité et la couverture médiatique biaisée ont terni ces élections", a pointé l’OSCE. En effet, l’OSCE dénonce l’impartialité des médias au cours de cette élection qui a animé les tensions dans le pays. "La polarisation politique ainsi que le manque d’impartialité dans la couverture médiatique publique ont nui à la bonne tenue des élections", a indiqué ce lundi Thomas Boserup, le chef de la mission d’observation électorale. Et d’ajouter, "il est particulièrement important de souligner que les démocraties sont fondées sur le respect de la diversité et des droits de tous, pas seulement de la majorité".

Pire, l’OSCE pointe, comme pour le premier tour, un traitement médiatique teinté "par une rhétorique homophobe, xénophobe et antisémite".

Confrontation voire violence

L’OSCE point un climat qui a gangrené la campagne électorale expliquant que le ton s’était encore plus durci après le premier tour et explique que cela a rendu le dialogue impossible entre les opposants et leurs supporteurs. "Les affrontements entre manifestants soutenant les deux candidats sont parfois devenus violents. Les campagnes négatives et la diffamation mutuelle ont abondé, tandis que les informations faisant état de menaces contre les politiciens et les journalistes ont été très préoccupantes", souligne l’OSCE.

Des règles floues

L’observateur international dénonce également des règles législatives qui ont favorisé le candidat sortant et estime que "la campagne électorale menée par des hauts fonctionnaires, y compris le Premier ministre, a donné au président actuel un avantage indu".

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