Portiques de sécurité pour les Thalys: ce sera comme pour l'Eurostar de Londres

Ségolène Royal a annoncé que des portiques de sécurité seront installé à Paris et Lille, ainsi qu'à Bruxelles, Amsterdam et Cologne
Ségolène Royal a annoncé que des portiques de sécurité seront installé à Paris et Lille, ainsi qu'à Bruxelles, Amsterdam et Cologne - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

Le gouvernement français va installer des portiques de sécurité pour les trains Thalys, qui relient notamment la France, la Belgique et les Pays-Bas. C’est en tout cas ce qu’a annoncé la ministre française de l’écologie et des transports Segolène Royal.

Ces portiques seront mis en place "à Lille et à Paris avant le 20 décembre", a-t-elle précisé. L'installation de portiques est également prévue "à Bruxelles, Amsterdam et Cologne". "Ce sera comme quand on prend le train pour Londres" a précisé la ministre française.

Décision française, sans concertation

Cette annonce a pris la Belgique de court. La ministre des transports Jacqueline Galant, tout comme la société Thalys d’ailleurs, n’étaient pas au courant.

Jacqueline Galant a d'ailleurs téléphoné à son homologue française. Ségolène Royal a promis qu’une réunion de concertation entre les opérateurs et les pays concernés aurait lieu le plus tôt possible.

Quelles mesures concrètes ? 

Apres la tentative d’attentat dans le Thalys cet été, Jacqueline Galant s’est d’ailleurs rendue à Madrid, à la gare d’Atocha, pour étudier les systèmes de contrôle des passagers et es bagages mis en place dans les gares après les attentats de 2004, revendiqués par Al Qaeda. Un système souple, qui ne retarde les passagers que de 5 minutes à peine.

Jusqu’ici, on pouvait se présenter deux minutes à peine avant le départ d’un Thalys, et les billets n’étaient pas nominatifs.

Depuis lundi, les passagers qui doivent prendre un train Thalys, TGV ou ICE au départ des gares de Bruxelles-Midi et Anvers-Central sont tenus de se présenter une demi-heure avant le départ de leur train pour pouvoir se soumettre aux contrôles de sécurité. Dans les gares bruxelloises, les passagers sont canalisés, passent devant des policiers qui procèdent à des contrôles aléatoires de papiers et de bagages. Ces contrôles de sécurité sont une conséquence du relèvement du niveau de la menace terroriste en Région bruxelloise.

Le gouvernement a annoncé jeudi qu'il voulait prendre l'initiative d'un système PNR (passenger name records) face au blocage du projet au parlement européen. Il veut de la sorte contrôler les listes de passagers des avions et des trains à grande vitesse internationaux. La société ferroviaire Thalys s'est dit par ailleurs ouverte à une discussion avec le gouvernement fédéral sur l'introduction d'un système "PNR" afin de lutter plus efficacement contre le terrorisme. Elle fait toutefois remarquer que son système de billetterie se caractérise par une grande flexibilité et qu'un certain nombre de problèmes pratiques pourraient se poser.

Le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon, est chargé de présenter un texte concrétisant cette intention d'ici la fin de l'année. Il imposerait aux compagnies aériennes et de chemins de fer de transmettre leurs listes de passagers un nombre déterminé d'heures avant leur départ. Les services de sécurité pourraient dès lors tenter de repérer les noms de personnes signalées pour cause de radicalisme et disposer de données exploitables pour étudier, par exemple, les trajets empruntés par des personnes suspectes.

Le 21 août, un Marocain de 25 ans était monté en gare de Bruxelles-Midi, lourdement armé, à bord d'un Thalys en provenance d'Amsterdam et à destination de Paris. L'intervention de plusieurs passagers, notamment de trois militaires américains en vacances, avait permis de le maîtriser avant qu'il ne fasse un carnage.

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