Des manifestations en Pologne pour "défendre la liberté"

Manifestation pour la défense des libertés, notamment contre de nouvelles lois visant les médias publics, dans le centre de Varsovie, le 9 janvier 2016
Manifestation pour la défense des libertés, notamment contre de nouvelles lois visant les médias publics, dans le centre de Varsovie, le 9 janvier 2016 - © Tous droits réservés

Des milliers de personnes sont descendues dans la rue samedi à Varsovie et dans une trentaine d'autres villes de Pologne pour, une nouvelle fois, "défendre la liberté" menacée, selon elles, par les conservateurs de Jaroslaw Kaczynski, au pouvoir depuis octobre.

"Nous ne sommes pas des révolutionnaires. Les révolutionnaires, ce sont ceux qui détruisent un ordre, qui tentent d'imposer par la force leur ordre à eux. Nous, on veut préserver notre démocratie et notre liberté", a déclaré Mateusz Kijowski, fondateur du Comité de défense de la démocratie (KOD), un mouvement civique né spontanément pour s'opposer aux démarches controversées du parti Droit et Justice (PiS).

Par une journée ensoleillée mais très fraîche, plusieurs milliers de manifestants se sont réunis à Varsovie devant le bâtiment abritant le bureau de la Première ministre Beata Szydlo, avant de passer devant le palais présidentiel.

Au-dessus de leurs têtes flottaient des drapeaux nationaux blanc et rouge et européens, ainsi que des pancartes clamant "Non à la poutinisation, non à la surveillance (policière), non au communisme !", "Je ne saurai abandonner la liberté", "Kaczynski, va-t-en en Hongrie !" ou encore "J'aime l'UE, y compris l'Allemagne", allusion aux remarques antiallemandes présentes dans le discours du pouvoir conservateur polonais.

Le KOD a organisé samedi des manifestations dans trente-six villes de Pologne. Des rassemblements de soutien devaient avoir lieu le même jour à Amsterdam, Berlin, Bruxelles, Londres, Melbourne, Paris, Stockholm et Vienne.

"Je me souviens de l'époque communiste et je ne veux pas que cela se reproduise, alors que cela commence à y ressembler", a déclaré à l'AFP Antoni, un chercheur en sciences naturelles à la retraite, un drapeau étoilé européen à la main.

Les manifestations sont une réaction à une série de lois et de démarches des conservateurs visant le Tribunal constitutionnel, les médias publics et d'autres institutions démocratiques qui ont éveillé l'inquiétude tant en Pologne qu'au sein de l'Union européenne.

La Commission européenne, préoccupée par les mesures concernant le Tribunal et les médias publics, a entamé une procédure de vérification de la situation en Pologne et le Parlement européen y a consacré un débat mardi dernier à Strasbourg.

À Bruxelles également

Une centaine de Polonais ont manifesté samedi midi au rond-point Schuman à Bruxelles afin de réclamer davantage de démocratie en Pologne. Selon les manifestants, plusieurs réformes du nouveau gouvernement conservateur polonais menacent les libertés civiles et politiques dans le pays. La même manifestation est organisée ce samedi dans 36 villes polonaises, en Autriche, en Suède et en Allemagne.

Au cours des dernières semaines, le gouvernement polonais a pris de multiples décisions, touchant notamment la cour constitutionnelle, ce qui suscite la crainte des manifestants.

"Cette cour est l'un des organes les plus importants de Pologne. C'est le gardien de la constitution, du droit polonais et de l'équilibre entre les différents pouvoirs", expliquent-ils.

Les manifestants dénoncent également les pouvoirs renforcés accordés à la police dans le cadre, entre autres, du contrôle d'internet, du courrier ou des factures. Quant aux réformes de la procédure pénale, elles conduisent à une limitation drastique des droits de la défense. "Et dans le même temps, le gouvernement veut confier le rôle de procureur général au ministre de la Justice, ce qui politise complètement le ministère public".

Le 13 janvier dernier, la Commission européenne a ouvert une enquête préliminaire sur l'état de droit en Pologne.

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