Début des pourparlers d'adhésion entre la Serbie et l'UE

Le commissaire européen à l’Élargissement Johannes Hahn
Le commissaire européen à l’Élargissement Johannes Hahn - © Archive EMMANUEL DUNAND - AFP

Les pourparlers d'adhésion entre Belgrade et l'Union européenne vont pouvoir démarrer avec l'ouverture attendue lundi de deux chapitres de négociation, dans le sillage de la normalisation des relations entre la Serbie et son ex-province du Kosovo, qui a proclamé son indépendance en février 2008.

En 2013, Pristina et Belgrade ont signé sous l'égide de l'UE un accord de normalisation après la sécession du Kosovo en 2008, ce qui a permis à la Serbie d'obtenir le statut de candidat pour l'entrée dans l'UE en janvier 2014.

En août, un accord complémentaire réglant certaines questions restées en suspens, portant sur l'énergie, les télécommunications et la création d'une association des municipalités serbes au Kosovo, a été conclu également sous la tutelle de l'UE.

Il a ouvert la voie à l'ouverture des chapitres de négociation 32, sur le contrôle financier, et 35, sur l'approfondissement de la normalisation des relations diplomatiques serbo-kosovares, lors d'une conférence intergouvernementale qui doit débuter lundi à 19h00 à Bruxelles.

35 chapitres

Les négociations d'adhésion, qui prennent généralement des années, sont divisées en 35 chapitres très divers couvrant des domaines comme l'économie, l'énergie, l'état de droit... afin de rapprocher la législation et les pratiques du pays candidat à "l'acquis communautaire", préalable indispensable à une entrée dans le bloc européen.

Il est extrêmement rare de démarrer ces pourparlers par l'ouverture du chapitre 35, consacré aux "sujets divers", et habituellement utilisé lorsque l'adhésion est toute proche pour aborder les dernières questions en suspens.

Les relations entre Belgrade et Pristina "restent encore très difficiles", a souligné lundi matin le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jean Asselborn, qui présidera la conférence intergouvernementale. "Nous sommes là pour aider", a-t-il insisté.

"Le dialogue doit continuer", a abondé le commissaire européen à l'élargissement, Johannes Hahn. Il a admis que "beaucoup d'eau coulera dans le Danube" avant que la Serbie et son ancienne province devenue indépendante n'aient totalement fait la paix.

L'UE a aussi tendu la main au Kosovo en signant fin octobre un "accord de stabilisation et d'association", la première étape sur le long chemin de l'adhésion.

La Commission européenne a exclu tout nouvel élargissement avant 2020, même pour les pays (Macédoine, Monténégro, Albanie, Serbie et Turquie) qui ont déjà entamé des pourparlers d'adhésion.

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