Débat émotionnel sur le gazoduc Nord Stream, invité surprise du sommet européen

Débat émotionnel sur le gazoduc Nord Stream, invité surprise du sommet européen
Débat émotionnel sur le gazoduc Nord Stream, invité surprise du sommet européen - © JOHN MACDOUGALL - AFP

Les dirigeants européens ne veulent pas faire du projet Nord Stream II, gazoduc reliant la Russie à l'Allemagne par la mer baltique, un problème politique. Son évaluation sera réalisée strictement au regard de l'application des règles relatives à l'Union de l'énergie, a assuré vendredi le président du Conseil Donald Tusk, à l'issue de la seconde journée de sommet, au cours de laquelle ce sujet s'est invité par surprise, sous l'insistance du Premier ministre italien Matteo Renzi.

Donald Tusk a rapporté que pour l'Italie, mais aussi la Bulgarie et la République tchèque, il était important de savoir "pour quelles raisons Nord Stream est possible et pas South Stream". Ce dernier projet, reliant la Russie à l'Italie par le sud de l'Europe, a été abandonné il y a un an.

"Nous sommes tous tombés d'accord pour dire que toute nouvelle infrastructure devra respecter tous les objectifs de l'Union de l'Energie, comme la réduction de la dépendance énergétique et la diversification des sources et des routes. C'est particulièrement important au sujet de Nord Stream 2", a déclaré Donald Tusk. "C'est une condition claire pour recevoir le soutien politique, légal, ou financier, d'institutions européennes ou d'Etats membres."

Si cette infrastructure voyait le jour, elle concentrerait 80% des importations de gaz russe sur une seule route et garantirait une position dominante au géant Gazprom sur le marché allemand, a assuré Donald Tusk. Il a donc invité à prendre en compte "le contexte géopolitique", et notamment l'assèchement potentiel du transit via l'Ukraine.

Néanmoins, il a affirmé que les dirigeants européens ne veulent pas rendre cette question politique. "L'UE veut avoir une position objective et neutre et appliquer de façon rigoureuse les règles européennes", a-t-il appuyé, soulignant toutefois qu'à ses yeux le gazoduc Nord Stream ne contribue pas à la diversification ni à la réduction de la dépendance énergétique.

Il a conclu en reconnaissant que la question de Nord Stream avait donné lieu à un "débat émotionnel" mais qu'elle devait être envisagée de façon pan-européenne.

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