Crise des réfugiés: Juppé ironise sur le rétablissement des contrôles à la frontière franco-belge

Crise des réfugiés: Juppé ironise sur le rétablissement des contrôles à la frontière franco-belge
Crise des réfugiés: Juppé ironise sur le rétablissement des contrôles à la frontière franco-belge - © DOMINIQUE FAGET - AFP

L'ex-Premier ministre français, Alain Juppé, qui compte parmi les favoris à droite pour l'élection présidentielle de 2017, a ironisé mercredi sur le rétablissement des contrôles à la frontière franco-belge, sur les routes du littoral, décidé par la Belgique pour répondre à la crise migratoire.

"Contrôler la frontière entre la France et la Belgique, je souhaite bien du courage à ceux qui se sont mis cette idée en tête, je crois qu'il y a 1500 points de passage, et parfois la frontière c'est la rue du village", a déclaré Alain Juppé, en déplacement mercredi et jeudi à Bruxelles.

Mesure dérogatoire aux règles de l'espace de libre circulation Schengen, ce rétablissement des contrôles a été décidé mardi par le gouvernement belge, afin d'éviter un éventuel afflux de migrants qui se replieraient de Calais vers des ports belges pour tenter le passage en Grande-Bretagne.

Schengen remis en question

La crise migratoire a conduit à ce jour sept pays membres de l'espace Schengen à rétablir des contrôles provisoires à leurs frontières.

"Schengen dans son état actuel est un échec", a déclaré le maire de Bordeaux. "Avec les pays qui sont prêts à repartir sur de nouvelles bases, nous devrons peut-être conclure un nouvel accord", a-t-il ajouté. "Si nous n'y parvenons pas, nous nous condamnons à la régression historique que constitue le rétablissement des contrôles aux frontières régionales, et vous voyez que la régression est en cours".

Il a par ailleurs rejeté les critiques formulées mercredi par Amnesty International sur une Europe qui s'érigerait en "forteresse" face aux flux migratoires. Interrogé par l'AFP, il a dénoncé "un procès d'intention vu de New York absolument insupportable".

Alain Juppé a vanté les efforts de l'Allemagne sur l'immigration (1,1 million de réfugiés accueillis en 2015), mais aussi de la France qui selon lui "prend sa part" avec "220 000 nouveaux venus chaque année sans compter les demandes d'asile en cours et l'immigration illégale". "Si c'est ça une forteresse que l'on m'explique ce que serait un espace ouvert", a-t-il lâché.

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