Crash du MH17 en Ukraine: un thriller s'invite dans l'enquête internationale

Les débris du cockpit reconstitué par les enquêteurs ont été présentés en octobre 2015.
Les débris du cockpit reconstitué par les enquêteurs ont été présentés en octobre 2015. - © EMMANUEL DUNAND - AFP

Il y a aura bientôt deux ans que l'avion de la Malaysian airlines a explosé en vol le 17 juillet 2014 dans l'est de l'Ukraine, dans une zone tenue par les séparatistes pro-russes. Aucun des 298 passagers et membres d’équipage n'a survécu. L'avion avait quitté l'aéroport d'Amsterdam à 10h31 GMT, avec 298 personnes à bord. Le contact a été perdu à 13h20.

"Des papiers explosifs"

A toutes les questions auxquelles ont tenté de répondre, tout d'abord l'enquête technique, et ensuite l'enquête judiciaire internationale, s'ajoutent désormais deux nouvelles questions : que contiennent les documents dits "explosifs" saisis chez un détective privé, Joseph R. et qui est son donneur d'ordre, apparemment une personne disposant de gros moyens financiers? Ce thriller en marge de l'enquête internationale conjointe a été révélé par De Telegraaf, un quotidien néerlandais populaire.

Selon ce journal, le détective a commencé son enquête deux mois après le crash, il aurait reçu 17 millions d'euros sur 30 promis par son mystérieux client. Le détective est introuvable. Une première perquisition mercredi dernier à son domicile de Bad Schwartau en Allemagne a permis de saisir des papiers présentés comme "explosifs". Par la suite, une autre perquisition a été ordonnée, en Suisse, où le contenu d'un coffre bancaire a été saisi à Zürich. Dans leur requête à leurs collègues suisses, les enquêteurs néerlandais émettent l'hypothèse que des "co-auteurs présumés des tirs contre l'avion aient pris contact avec le bureau du détective privé". Retrouver leur trace permettrait alors de les identifier et de lancer des poursuites pénales.

Depuis la tragédie du 17 juillet 2014, les séparatistes pro-russes ont été à plusieurs reprises montrés du doigt et ont nié toute responsabilité. Le gouvernement de Kiev avait quant à lui directement accusé la Russie. Moscou de son côté a accusé les forces ukrainiennes d'avoir abattu l'avion.

A ce stade, le peu que l'on sait repose sur les résultats de l'enquête sur les causes techniques du crash : les recherches menées par le Bureau néerlandais d'enquête pour la sécurité (OVV) ont révélé que l'avion a été abattu par un missile sol-air de type BUK. Plusieurs enquêtes convergent pour affirmer que le missile a vraisemblablement été tiré depuis une zone tenue par les séparatistes. Reste à savoir qui amené et armé le porte -missile.

L'enquête à un stade très avancé

Les révélations de "De Telegraaf" interviennent alors que l'équipe d'enquête internationale affirme en être à un stade très avancé. Les résultats seront présentés après l'été a annoncé le ministère public néerlandais. Mais dit-on à La Haye, il manque encore des détails opérationnels et techniques, notamment sur le missile BUK de fabrication soviétique qui serait à l’origine des tirs contre le vol MH17. Des précisions sont demandées à la Russie sur ce fameux missile BUK, une arme crée à l'époque soviétique mais que la Russie n'utiliserait plus. Il est demandé à la Russie de répondre dans les deux mois.

Les familles des victimes devront encore attendre pour comprendre ce qui s'est passé à dix mille mètres d'altitude dans le ciel ukrainien et pour espérer que justice soit faite. Aux Pays-Bas, avec 196 ressortissants, ce crash a pris l'ampleur d'une tragédie nationale. Mais il y avait aussi des passagers malaisiens, indonésiens, australiens, britanniques, et six Belges. De leur côté, les familles de l'équipage ont déposé plainte contre la Malaysian Airlines, et d'autre plaintes pourraient suivre, avec l'espoir d'un dédommagement au civil. Une série de familles ont aussi déposé plainte contre Vladimir Poutine devant la Cour européenne des droits de l'homme.

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