Coronavirus : la sourde inquiétude de la Douce France

C’est un des fleurons de la côte sauvage qui résume à lui seul les incertitudes françaises autour du covid : Quiberon, au bout de sa jolie presqu’île, station de villégiature réputée de Bretagne attire tous les regards. Un cas positif décelé le 21 juillet dernier, 72 aujourd’hui : c’est ce qu’on peut appeler un sacré cluster, que les Français définissent comme au moins 3 cas décelés durant 7 jours appartenant à une même communauté ou ayant participé au même rassemblement. La progression de l’épidémie à Quiberon a poussé la mairie à prendre des mesures : masques obligatoires au centre-ville et surtout fermeture des plages et des parcs de 21 heures à 7 heures du matin, une manière d’éviter que les jeunes n’y passent la nuit ensemble avec alcool et musique… Car ce sont bien eux les plus touchés par le covid-19, symbole d’une jeunesse insouciante qui a soif de liberté après ces longs mois de confinement. Et qui chez nos voisins aussi est surveillée comme le lait sur le feu…

Pas de deuxième vague, mais…

Le propos du ministre français de la Santé, Olivier Véran, rappelle un peu celui de notre première ministre Sophie Wilmès : "Pas de panique, mais…" disait-elle. Son homologue français estime, lui, que la France "n’est pas dans une deuxième vague du coronavirus mais il ne faut pas lâcher". En d’autres termes, c’est en évitant le relâchement généralisé dans nos comportements collectifs que la France échappera à une seconde vague. Pour l’instant, c’est un peu l’histoire de la bouteille à moitié vide ou à moitié pleine : d’un côté, le taux de reproduction est un peu partout supérieur à 1, des clusters émergent et on décèle une tendance à la hausse des hospitalisations ; mais d’un autre côté, le nombre de patients en réanimation continue de baisser et, de manière globale, à ce stade, la courbe de hausse de cas ne grimpe pas de manière très inquiétante. La France compte aujourd’hui un peu plus de 183.804 cas pour 66 millions d’habitants. Par comparaison, on recense en Belgique 66.662 cas pour 11.400 millions de Belges. Bien sûr, il faut manier ces chiffres avec précaution car plus on teste plus on décèle mais tout de même : le taux de contamination en France est de 0,0027 chez nos voisins alors qu’il avoisine les 0,0058 chez nous. Soit plus du double…


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Les Belges toujours bienvenus en France ?

Récemment, une rumeur est apparue sur Facebook, repérée par l’agence France Presse et le journal "Le Monde" : la frontière franco-belge va être fermée le 1er août, soit ce samedi. Rumeur totalement infondée : jamais les deux pays n’ont annoncé une telle intention, au contraire : de nouvelles fermetures de frontières au sein de l’espace Schengen "sont à éviter autant que possible" a déclaré sur France Inter le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes Clément Beaune. La France n’a d’ailleurs pas fermé la frontière avec l’Espagne qui, à ce stade, l’inquiète bien davantage que la Belgique : elle s’est bornée, comme les Belges d’ailleurs, à déconseiller les voyages en Catalogne. Et tant qu’à évoquer les voisins de la France, nul doute que les derniers chiffres en provenance du Grand-Duché donnent un peu d’optimisme : ils laissent entrevoir une stabilisation par rapport à la hausse récente qui préoccupait tous ses voisins.

Bref, à ce stade, des vacances dans l’Hexagone restent possibles : à partir de samedi, il faudra juste prévoir de remplir au retour, comme depuis n’importe quel pays étranger, le formulaire "passenger locator form". Et il faudra aussi rester vigilant si vous préférez les stations balnéaires fréquentées, à Quiberon ou ailleurs, plutôt que les grands espaces de la France rurale. Le premier pays touristique du monde est aussi la destination numéro un des Belges, même pour cet été pas comme les autres.

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