Coronavirus : Britanniques et Européens se fâchent à propos des exportations de vaccins

Les relations se tendent une nouvelle fois entre l’Union européenne et le Royaume Uni et se cristallisent sur les vaccins contre le Covid-19. Un représentant de la délégation UE au Royaume Uni a été "convoqué" mardi soir à Londres après que le président du conseil européen, Charles Michel, a publié un communiqué dans lequel il accuse les Etats-Unis et le Royaume Uni d’interdire l’exportation de vaccins. Londres "is chocked". Ambiance…

Bloquer les exportations de vaccins ? "Never"

"Le gouvernement n’a jamais bloqué l’exportation d’un seul vaccin", s’est empressé de réagir le porte-parole de l’exécutif britannique mardi soir et une lettre a été adressée à Charles Michel. La réaction succède au communiqué du président du conseil européen qui, lui, se dit "choqué d’entendre des accusations de 'nationalisme vaccinal' contre l’UE."

Charles Michel en appelle aux "faits", à savoir que "le Royaume Uni (et les Etats Unis) a interdit des vaccins ou des composants de vaccins produits sur leur territoire. Mais l’Union européenne a simplement mis en place un système de contrôle des exportations de doses produites dans l’UE."

Pratiquer le nationalisme vaccinal ? Jamais

L’objectif européen est d’empêcher les producteurs de vaccins d’envoyer des doses, en dehors de L’UE alors que l’Union en a commandé, préfinancé et qu’elle n’a rien reçu. L’Union européenne se défend en précisant qu’elle n’a jamais cessé d’exporter des vaccins anti-Covid, notamment vers Israël où la campagne de vaccination est un succès.


►►► A lire aussi : L’UE surveille les exportations de vaccins 


 

Le tacle à l’attention de Londres s’inscrit dans un long communiqué où Charles Michel répond non seulement aux critiques d’outre-Manche mais aussi à celles des citoyens européens pointant les retards de production, la distribution et l’administration des vaccins dans l’Union. Le président du conseil européen se réjouit également sur Twitter si la réaction britannique va de pair avec une hausse des exportations vers l’UE et avec plus de transparence.

Clap, deuxième

C’est la deuxième fois qu’une polémique éclate entre Européens et Britanniques depuis le début de l’année. En janvier déjà, le ton était monté à propos des vaccins produits par Astra Zeneca. Le groupe anglo-suédois avait réduit à l’époque le volume des doses à destination de l’UE, mais il avait continué à honorer en parallèle son contrat avec le Royaume Uni… De quoi mettre en colère la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen qui était allée jusqu’à menacer les Britanniques de revenir sur l’un des accords majeurs de la sortie de l’Union, autrement dit sur l’absence d’une frontière "dure" entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande. A l’époque, la commission avait rétropédalé face au courroux de Londres.

Une polémique en lien avec le calendrier des livraisons

Les relations entre le Royaume Uni et les Européens n’ont jamais été un long fleuve tranquille et la réponse à la pandémie de Covid-19 n’a rien arrangé. C’est d’autant plus vrai que la stratégie vaccinale connaît des ratés, dont certains sont, il est vrai, liés aux promesses non tenues des producteurs de vaccins. Un responsable européen a récemment confié à l’agence de presse Reuters que le groupe américain Johnson & Johnson avait prévenu l’UE que des difficultés d’approvisionnement pourraient l’empêcher de livrer 55 millions de doses au deuxième trimestre comme le prévoit pourtant le contrat passé avec l’UE. Un scénario qui, s’il se vérifie, sera cauchemardesque pour l’Union.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK