Calais: la zone sud de la "Jungle" à évacuer d'ici mardi

L'arrêté d'expulsion affiché à l'une des entrées du camp
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L'arrêté d'expulsion affiché à l'une des entrées du camp - © Aline Delvoye (RTBF)

C’était annoncé depuis le 12 février. Mais les migrants "sans droit ni titre" n'ont pas déménagé. Et ce vendredi après-midi, la préfète du Nord-Pas de Calais a pris un arrêté d’expulsion de la partie Sud de ce vaste bidonville de 18 ha qu'on appelle La Jungle, le camp de "la Lande". Après l’évacuation de 600 personnes en janvier, après sa rencontre avec le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, la préfète Fabienne Buccio est passée à l'action. Le texte invoque les troubles à l'ordre public et à la sécurité provoqués par les migrants. Il parle de salubrité publique pour justifier sa décision. L'arrêté invoque les troubles provoqués par les manifestants pro ou anti-migrants et les appels à la haine et à la violence circulant sur le net. 

Vendredi dernier, la préfète Fabienne Buccio parlait d'évacuer 800 à 1000 personnes sur environ 4000 migrants. Ce nombre serait en réalité plus élevé. Ils ont en tous cas jusqu'au mardi 23 février, 20 heures, pour quitter les lieux. Sinon, ils seront évacués par la force. Mais pour aller où ? Soit dans le village de conteneurs installé pas loin de là avec 1500 lits, un camp grillagé où l'on ne pénètre pas sans autorisation. Soit dans des tentes provisoires à proximité. Soit pour se diriger vers d'autres centres d’accueil pour demandeurs d'asile ailleurs sur le territoire français.

Mais on le sait, les réfugiés veulent, dans leur grande majorité rejoindre la Grande-Bretagne. Parce qu'ils parlent anglais, parce qu'il y ont de la famille. Outre le dispositif militaire et policier déployé aux abords de Calais et du port pour empêcher les tentatives de passage illégal vers la Grande-Bretagne, l’État français a envoyé dans la Jungle des délégués pour tenter de convaincre  les migrants de renoncer à ce projet et de demander l'asile en France.

Les associations humanitaires, françaises ou étrangères qui depuis des mois pallient le défaut d'assistance de l’État français s'opposent à l’expulsion, sont loin d'être convaincues par le village de conteneurs. Il est constitué de boîtes de métal avec des lits, du chauffage, des points d'eau, mais sans la vie qui s'est organisée, vaille que vaille dans le bidonville, avec des magasins, des écoles, des mosquées ou des églises, bref, un bout de tissu social, aussi fragile et instable soit-il. Plusieurs associations ont d'ailleurs introduit une action en référé auprès du tribunal de Lille pour suspendre l'expulsion. le tribunal de Lille devait rendre sa décision lundi. Mais la préfète les a pris de vitesse. Reste à savoir si cette initiative est légale alors qu'un référé en suspension de l’expulsion a été introduit.

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