Brexit : semaine de la dernière chance pour éviter un "No deal"?

Brexit : semaine de la dernière chance pour éviter un "No deal"?
Brexit : semaine de la dernière chance pour éviter un "No deal"? - © DANIEL LEAL-OLIVAS - AFP

Alors que la semaine s’annonce houleuse au Parlement britannique, Boris Johnson devait recevoir ce soir, les membres conservateurs de la Chambre des communes, ainsi que les membres les plus importants de son gouvernement pour discuter de la stratégie à suivre. Mais les tensions sont telles que la réunion a été annulée, et le Premier ministre menace désormais d’exclusion les députés de son camp qui seraient tentés de bloquer une sortie sans accord de l’Union européenne.

Les députés reprennent en effet demain le chemin de la Chambre des Communes, où ils ne siégeront que quelques jours avant une suspension du Parlement jusqu’au 14 octobre, soit à deux semaines seulement du Brexit, prévu le 31 octobre. Cette suspension a été annoncée la semaine dernière par Boris Johnson, provoquant la colère de l’opposition et mettant dans la rue des milliers de Britanniques pour protester contre "ce coup de force".

Bataille prévue au Parlement avant sa suspension

Ce début de semaine, les élus de l’opposition vont tenter de légiférer dans l’urgence pour empêcher une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne sans accord. Et ils pourraient bénéficier du soutien des conservateurs rebelles, mais Boris Johnson menace désormais de les exclure du Parti Tories.

De son côté le chef du Labour, principal parti d’opposition, Jeremy Corbyn, assure qu’il travaille avec d’autres partis pour faire tout ce qui est nécessaire pour éloigner le pays du précipice. L’opposition travailliste envisagerait une motion de censure contre le gouvernement.

Plusieurs scénarios

1- Un Brexit sans accord

Londres et Bruxelles ne parviennent pas à s’entendre et le Royaume-Uni quitte l’Union européenne sans accord de retrait à la date prévue du 31 octobre, c’est alors le "No deal" Pour l’heure, le gouvernement britannique n’a toujours pas présenté de solution alternative au "backstop", cette clause qui vise à empêcher le retour à une frontière physique entre la province britannique d’Irlande du Nord et la République d’Irlande. Redoutée par les milieux économiques, une telle sortie brutale fait craindre le rétablissement de droits de douane ainsi que des pénuries de produits alimentaires, d’essence et de médicaments.

2- Un nouveau report :

Les députés britanniques votent une loi contraignant le gouvernement à solliciter un nouveau report de la date de sortie du Royaume-Uni de l’UE, afin d’éviter une sortie sans accord. Les élus de l’opposition pourraient bénéficier du soutien de conservateurs rebelles pour voter un tel texte, mais Boris Johnson les menace désormais d’exclusion du parti les Tories. Les jours sont comptés avant la suspension du parlement. Il reste donc peu de temps. Et puis, encore faudrait-il ensuite que le gouvernement se conforme à la volonté du Parlement. Le refus du ministre chargé des préparatifs en vue d’une sortie sans accord, Michael Gove, de dire si le gouvernement se soumettrait à une telle législation, alimente les craintes d’un passage en force de Boris Johnson.


3- Elections anticipées :
L’opposition, emmenée par les travaillistes, pourrait faire voter une motion de censure pour faire tomber le gouvernement, dont la majorité absolue à la chambre des communes ne tient qu’à un seul siège. Mais si la motion de censure devait être adoptée, Boris Johnson pourrait encore décider que le scrutin se déroule après la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Autre hypothèse, Boris Johnson pourrait aussi déclencher lui-même l’organisation d’élections anticipées dans l’espoir de renforcer sa majorité. Une hypothèse à laquelle croient certains conservateurs opposés à un "No deal". Il s’agirait pour le gouvernement de "perdre cette semaine" au parlement "puis de convoquer des élections législatives en ayant éliminé ceux d’entre nous qui ne sont pas contre le Brexit, pas contre un départ de l’Union européenne, mais qui considèrent que nous devrions partir avec un accord".

Un Brexit avec accord entre Londres et Bruxelles, sur la question cruciale du filet de sécurité ("backstop") irlandais que Boris Johnson souhaite voir disparaître, apparaît désormais comme improbable.

 

 


 

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