Brexit : Boris Johnson estime qu’il y a un "bon espoir" d’aboutir à un accord, malgré des négociations qui patinent

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a assuré ce mercredi avoir "bon espoir" de parvenir à un accord post-Brexit avec l’Union européenne, malgré des négociations dans l’impasse et les tensions créées par un projet de loi britannique revenant sur des engagements passés.

"Ce n’est pas ce que ce pays veut", a dit le dirigeant conservateur à propos d’un "no deal" potentiellement dévastateur pour l’économie, interrogé par le comité de liaison, qui regroupe les présidents des différentes commissions parlementaires.

"Et ce n’est pas ce que nos amis et partenaires de l’UE veulent de nous. C’est pourquoi j’ai bon espoir que ce ne sera pas l’issue" des négociations, a-t-il poursuivi.

Bojo refuse de céder du terrain

Boris Johnson a toutefois refusé de céder du terrain sur le projet de loi revenant en partie sur certains engagements pris dans l’accord encadrant la sortie du Royaume-Uni de l’UE fin janvier, et qui viole le droit international de l’aveu même de son gouvernement.


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Menaçant d’une action en justice, les Européens ont donné à Londres jusqu’à la fin du mois pour retirer les dispositions controversées, qui remettent en cause des règles douanières pour l’Irlande du Nord destinées notamment à éviter le rétablissement d’une frontière physique entre la République d’Irlande, membre de l’UE, et la province britannique.

"Je préfère avoir des protections qui garantissent l’intégrité de ce pays et protègent contre une fracture potentielle du Royaume-Uni", a insisté le dirigeant.

"Je ne pense pas" que les Européens négocient de bonne foi, a-t-il poursuivi : ils ont "manifestement échoué", selon lui, à garantir l’absence de "blocus" dans les échanges entre l’Irlande du Nord et la Grande-Bretagne en cas de "no deal" à la fin d’une période de transition s’achevant fin 2020.

Un texte incertain

Le projet de loi a franchi ce lundi un premier obstacle au Parlement britannique malgré la fronde d’une partie du camp conservateur, en étant approuvé par 340 votes contre 263. La suite du cheminement parlementaire de ce texte sur le marché intérieur s’annonce cependant plus incertaine.

Selon plusieurs médias britanniques, pour tenter d’éviter une rébellion lors d’un vote prévu début de la semaine prochaine, Boris Johnson a accepté de donner aux parlementaires davantage voix au chapitre concernant toute atteinte à l’accord de Brexit.


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Il a, d’après ces médias, trouvé un compromis avec les députés qui étaient prêts à soutenir un amendement présenté par le député Robert Neill limitant les pouvoirs de l’exécutif en la matière.

En désaccord avec le projet de loi, Richard Keen, l’équivalent écossais de l’attorney general, conseiller du gouvernement sur les questions juridiques, a démissionné mercredi.

Dans ce contexte, Européens et Britanniques tentent toujours de négocier un accord sur leur future relation commerciale. Mais les dernières discussions n’ont permis aucune percée majeure.

Les deux parties ont affirmé qu’un accord devait être conclu en octobre pour éviter un "no deal" qui se traduirait dès le 1er janvier par des droits de douane entre le Royaume-Uni et le bloc européen et risquerait d’aggraver la crise provoquée par le coronavirus.
 

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