Avion russe abattu: Ankara veut que Moscou revienne sur les sanctions

Avion russe abattu: Ankara veut que Moscou revienne sur les sanctions
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Avion russe abattu: Ankara veut que Moscou revienne sur les sanctions - © ADEM ALTAN - AFP

La Turquie a refusé lundi de s'excuser pour avoir abattu un bombardier russe à la frontière syrienne la semaine dernière, comme le réclame Moscou, et a demandé à la Russie de revenir sur les sanctions économiques adoptées à la suite de cet incident.

"Aucun Premier ministre turc, aucun président, aucune autorité ne s'excusera", a déclaré le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu après avoir rencontré le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, à Bruxelles.

"Aucun pays ne peut nous demander des excuses car nous n'avons fait que notre devoir", à savoir "protéger notre espace aérien et notre frontière", a-t-il plaidé.

Le bombardier Su-24 a été abattu le 24 novembre par des chasseurs F-16 turcs alors qu'il revenait d'une mission de combat dans le nord-ouest de la Syrie.

La Turquie affirme qu'il était entré dans son espace aérien et qu'il avait été averti "dix fois en cinq minutes" avant qu'elle n'ouvre le feu. La Russie assure que son appareil survolait le territoire syrien et qu'il n'a jamais été mis en garde avant d'être touché.

"Action défensive"

"C'était une action défensive", a insisté Ahmet Davutoglu. Deux soldats russes sont morts des suites de l'incident, un des pilotes du bombardier et un soldat qui participait à une opération des forces spéciales russes visant à secourir le deuxième pilote.

"Nous espérons que la Russie reconsidérera" les sanctions économiques décrétées par Moscou "car elles sont contraires à nos intérêts à tous les deux", a ajouté le chef du gouvernement turc.

Il a rappelé que la Turquie avait soutenu la Russie quand celle-ci s'est vu imposer, depuis l'été 2014, de lourdes sanctions économiques par l'Union européenne en raison de son implication présumée dans la crise ukrainienne aux côtés des rebelles prorusses.

"Par le passé nous étions tous contre les sanctions économiques, c'est une position de principe de la Turquie", a rappelé M. Davutoglu. "La Russie était alors opposée aux sanctions économiques (...) c'est contradictoire d'utiliser les mêmes mesures contre la Turquie", a-t-il estimé.

"Nous sommes prêts à parler, via des canaux diplomatiques et militaires, à la Russie", a toutefois souligné M. Davutoglu dont le pays est membre de l'Otan. "Nous n'avons aucunement l'intention d'avoir une escalade" et "la Turquie veut avoir de bonnes relations avec la Russie", a-t-il insisté.

Face à face

Le Kremlin a annoncé lundi qu'aucune rencontre n'était prévue entre le président russe Vladimir Poutine et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan en marge de la conférence internationale sur le climat à Paris, malgré une demande d'entretien "en face à face" du dirigeant turc.

Le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, a une nouvelle fois appelé au "calme". Il a exhorté la Russie "à jouer un rôle constructif en Syrie" en visant dans ses bombardements le groupe jihadiste Etat islamique, "notre ennemi commun".

"C'est le droit souverain de la Turquie de défendre son espace aérien et son intégrité territoriale", a-t-il jugé, tout en soulignant les risques de nouveaux incidents alors que la Russie et la coalition menée par les États-Unis conduisent des frappes dans le ciel syrien.

Les ministres des Affaires étrangères de l'Otan, qui doivent se réunir mardi et mercredi à Bruxelles, vont tenter de "renforcer les mécanismes qui permettront (...) de réduire les risques, d'empêcher un incident similaire et d'éviter qu'il ne dégénère".

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