Attentats du 13 novembre : le souvenir aujourd'hui, le procès bientôt

Cinq années se sont écoulées depuis les attentats du 13 novembre 2015 à Paris. Trois commandos ont blessé 350 personnes et en ont tué 130 autres dans la salle de concert du Bataclan, au stade de France et aux terrasses de cafés. Cette année, les commémorations auront lieu en "format réduit", crise sanitaire oblige. Le procès, lui, est prévu pour septembre 2021.

Quelle place pour les victimes lors des commémorations ?

La France est en plein confinement. Les blessés et familles de victimes resteront, en accord avec la préfecture de Paris, à l’écart des commémorations. Ce 13 novembre, une dizaine d’élus et deux représentants d’associations de victimes seulement se sont recueillis sur place.

"Il n’y a pas de colère. Les familles comprennent la situation sanitaire. Il s’agit malgré tout d’un moment important pour eux" explique Guillaume Denoix de Saint Marc, directeur général de l’Association française des victimes de terrorisme.

Chaque année, un parcours mémoriel depuis le Stade de France jusqu’au Bataclan est organisé par les familles et les associations de victimes de terrorisme.

Où en sont les blessés cinq ans plus tard ?

"Les victimes intègrent ce qui leur est arrivé. Cela fait maintenant partie de leur histoire. Les cinq ans sont un moment difficile. Il y a une reprise de l’activité professionnelle, les plaies ont été guéries en grande partie. On est dans un processus de resocialisation mais qui n’est pas achevé. Il y a toujours des complications psychologiques et des difficultés matérielles" estime Guillaume Denoix de Saint Marc.

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Attentats du 13 novembre 2015 © PHILIPPE LOPEZ - AFP

Quand le procès débutera-t-il ?

Septembre 2021, sauf nouveau contretemps. Il durera six mois dans l’ancien Palais de Justice de Paris, sur l’île de la Cité, au sein d’une salle sécurisée et construite sur mesure. Une cour d’assises spécialement composée avec des magistrats professionnels jugera, comme c’est le cas pour les attentats de Charlie Hebdo, de Montrouge et de l’Hyper Cacher. Plus de 1750 parties civiles sont attendues ainsi que des centaines d’avocats.

Combien d’accusés sont attendus dans le box ?

20 accusés sont renvoyés aux assises par le parquet national antiterroriste. Quatorze sont déjà aux mains de la justice française ou belge. Six autres sont visés par un mandat d’arrêt. Parmi les accusés, le seul membre encore vivant des commandos est Salah Abdeslam. Il est détenu depuis quatre ans et placé à l’isolement. Depuis le début de l’enquête, il a refusé de collaborer et a gardé le silence à une exception près.

Le procès des attentats de Paris a-t-il des suites en Belgique ?

Oui ! Une partie du dossier des attentats du 13 novembre sera jugée chez nous. Il s’agit de suspects que la France n’a pas souhaité juger dans le cadre du grand procès à venir à Paris.

Le dossier "Paris Bis" concerne une vingtaine de personnes. Elles sont poursuivies pour avoir participé aux activités d’un groupe terroriste, loué des logements ou des voitures aux auteurs des attentats. Ou encore d’avoir fourni de faux documents ou du matériel. Par contre, tous ne connaissaient pas nécessairement les intentions terroristes du groupe.

La prochaine étape judiciaire se fera devant la chambre du conseil. Un juge belge devra décider au printemps s’ils sont renvoyés devant le tribunal correctionnel ou pas.

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