Alerte enlèvement : le président du Conseil européen a disparu des écrans radars médiatiques

Alerte enlèvement : le président du Conseil européen a disparu des écrans radars médiatiques
Alerte enlèvement : le président du Conseil européen a disparu des écrans radars médiatiques - © Tous droits réservés

Avouez que c’est troublant. Alors que l’Europe doit faire face à la pire crise socio-économique de son histoire, alors que la plupart des Etats membres sont encore claquemurés derrière leur frontière. On a perdu la trace de Charles Michel…

Pourtant, dans le même temps, cette crise a permis à d’autres dirigeants européens de reprendre la main. Angela Merkel ou Emmanuel Macron apparaissent aujourd’hui comme les seuls capitaines de l’Europe. Ce sont eux qui donnent le LA de la politique européenne en ébauchant ce que pourrait être un grand emprunt pour financer la relance, ou en lançant un appel cette semaine pour que l’Europe soit mieux préparée face à une nouvelle pandémie. Et même Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, qui a pris ses fonctions en même temps que Charles Michel, semble mieux tirer son épingle du jeu. Elle a réussi à occuper l’espace médiatique, avec ses vidéos en trois langues postées sur les réseaux sociaux mais surtout avec son plan de relance à 750 milliards d’euros qui sera examinée avec le budget européen par les 27 dirigeants la semaine prochaine lors d’un sommet en visioconférence.

Les circonstances desservent le président du Conseil

Pendant ce temps, Charles Michel reste dans l’ombre. Les circonstances le desservent. Avec la fermeture des frontières, impossible de rencontrer les autres dirigeants européens en face-à-face. Il doit se contenter du téléphone ou de la visioconférence depuis son bureau de la rue de la Loi. La mise en scène de sa fonction est compliquée. Les images des sommets virtuels où il apparaît seul devant une mosaïque de chefs d’Etat et de gouvernement donnent l’impression qu’il suit la crise en spectateur, derrière un écran… et c’est injuste parce qu’il a sans doute été l’un des tout premiers à prendre la mesure de ce qui allait nous tomber dessus en convoquant un sommet d’urgence début mars et en définissant ce que sont aujourd’hui les grandes lignes de l’action européenne.

Avoir de bonnes idées ne suffit pas, il faut aussi assurer le service après-vente

Seulement avoir de bonnes idées ne suffit pas, encore faut-il pouvoir assurer le service après vente. Et ça n’est pas facile quand on devient président du Conseil européen. L’Europe ne fait pas souvent la une des journaux télévisés, ni le buzz sur les réseaux sociaux. L’Union peine à exister dans le cœur des citoyens. Alors pour recoller les morceaux, l’équipe de communication du Conseil a eu une idée brillante : Pourquoi ne pas lancer une newsletter ?

L’outil de communication fleure bon les années 90 mais il est toujours très en vogue dans les entreprises. Pour célébrer l’employé du mois, informer les salariés sur la politique de la boîte ou des prochains départs à la retraite. La newsletter est aussi très utile pour créer du lien, de la cohésion… et c’est précisément l’effet recherché : rapprocher les citoyens de l’Union européenne et en profiter pour se rappeler à leur bon souvenir. Sauf qu’une newsletter en anglais et qui recycle de vieux discours de Charles Michel ne colle pas vraiment avec sa fonction.

Caramba encore raté…

Car en acceptant le poste de président du Conseil, Charles Michel a hérité d’un job ingrat. On l’a souvent vu comme le roi de l’Europe, en fait, il a un travail de soutier. Essentiel, surtout quand la météo est à l’orage et que l’embarcation tangue dangereusement. Mais invendable aux yeux de l’opinion. Son boulot : faire avancer la mécanique européenne en alimentant en charbon le ventre de 27 chaudières qui n’ont pas toutes le même rendement. Du travail de précision. Et pour l’instant le réglage n’est pas au point. Les dissonances entre les Etats qui sont prêts à s’endetter ensemble pour relancer l’Europe et ceux qui ne veulent pas dépenser un euro de plus risquent de gripper le moteur et de faire exploser la machine. Charles Michel a encore une semaine pour rapprocher les points de vue. Une semaine avant qu’un début de solution se dessine lors du sommet de vendredi prochain. Si un accord ambitieux sur le paquet budgétaire aboutit, ce sera son exploit, réalisé dans l’ombre. Et ce n’est pas dans une newsletter qu’il laissera son empreinte mais dans les livres d’histoire.

 


Suivez toute l’actualité européenne avec Euranet Plus, le premier réseau d’information européenne.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK