Affaire Pegasus : la Hongrie ouvre une enquête sur "le recueillement potentiel non autorisé d’informations confidentielles"

Le parquet de Budapest a annoncé jeudi l’ouverture d’une enquête, suite aux révélations dimanche par la presse du ciblage de 300 numéros de téléphone à des fins d’espionnage.

"À la suite de plusieurs plaintes, le bureau du procureur a ordonné l’ouverture d’une enquête sur le recueillement potentiel non autorisé d’informations confidentielles", a indiqué le parquet dans un communiqué.


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L’enquête vise à établir les faits et à déterminer si un crime et, le cas échéant, lequel, a été commis, a-t-il ajouté.

Après six mois de recherches, un consortium de 17 médias internationaux a accusé la Hongrie d’utiliser comme le Maroc, le Mexique et d’autres pays, la technologie d’espionnage israélienne du groupe NSO contre sa société civile.

Remous en Hongrie

300 smartphones de journalistes, d’avocats, d’élus ou d’hommes d’affaires y ont été ciblés, selon le réseau Forbbidden Stories. Un cas unique au sein de l’Union européenne (UE).

Cette révélation suscite beaucoup d’émotion dans ce pays d’Europe centrale, régulièrement accusé par les organisations internationales de saper l’État de droit, depuis le retour au pouvoir du souverainiste Viktor Orban en 2010.

L’opposition libérale, les représentants des journalistes et des avocats ont réclamé une enquête indépendante.


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De son côté, le gouvernement a dénoncé par la voix de son porte-parole Zoltan Kovacs "un groupe de médias de gauche" proférant "des affirmations non fondées", "gobées par le reste de la presse", qui "suivrait le troupeau".

Selon le juriste Mate Szabo, "ce type de surveillance est tout à fait légal" depuis un changement de loi en 2011. Un simple feu vert du Garde des Sceaux aux services secrets suffit.

Procédure d’infraction

Les spécialistes pointent l’absence d’un contrôle extérieur et une violation de la vie privée, dénoncées d’ailleurs par la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) en 2016.

La vice-présidente de la Commission européenne Vera Jourova a prévenu dans le quotidien français "Le Monde" qu’une procédure d’infraction contre la Hongrie pourrait être lancée concernant Pegasus, car "la protection des données ne semble pas respectée".

 

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