Affaire Mila : jusqu’à 6 mois de prison avec sursis requis pour le "lynchage 2.0" de l’adolescente

Un "lynchage 2.0" aux "conséquences réelles": le parquet a requis mardi jusqu’à six mois de prison avec sursis contre douze jeunes gens jugés à Paris pour avoir participé au cyberharcèlement de l’adolescente Mila, après sa vidéo polémique sur l’islam en novembre.

Pour leurs messages haineux, le ministère public a demandé à l’encontre des prévenus une "peine d’avertissement": trois mois d’emprisonnement avec sursis pour trois d’entre eux, poursuivis pour harcèlement, et six mois de prison avec sursis pour neuf autres, renvoyés pour harcèlement et menaces de mort.


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La relaxe a été sollicitée pour un treizième prévenu, au bénéfice du doute.

Le tribunal correctionnel a mis son jugement en délibéré au 7 juillet.

A la barre, ces jeunes gens de 18 à 29 ans, pour la plupart sans antécédents judiciaires, ont en majorité reconnu être les auteurs des messages mais contesté avoir su qu’ils participaient à un "raid" numérique visant Mila.

"Un raz-de-marée de haine"

La vie de cette adolescente a "basculé en janvier 2020 quand, répondant à des injures sur les réseaux sociaux" sur son orientation sexuelle, elle publie une vidéo véhémente sur l’islam "dans les strictes limites" de la liberté d’expression, a rappelé le procureur.

La déflagration est immédiate et les "conséquences réelles" pour Mila, alors âgée de 16 ans et demi : cible d’un "raz-de-marée de haine", elle est contrainte de quitter son lycée et de vivre sous protection policière.


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Les prévenus sont poursuivis souvent pour un unique message posté anonymement sur les réseaux sociaux à la suite de la publication de cette vidéo : "qu’elle crève", "tu mérites de te faire égorger sale pute", "que quelqu’un lui broie le crâne par pitié".

Pour le ministère public, ils savaient que "Mila était déjà harcelée" et doivent donc être condamnés, en application de la nouvelle loi sur le cyberharcèlement.

Depuis 2018, ce délit peut être constitué dès lors que plusieurs personnes s’en prenant à une même victime savent que leurs propos ou comportements caractérisent une répétition, sans que chacune de ces personnes ait agi de façon répétée ou concertée.

Message posté "sans réflexion"

Certains de ces jeunes "sans histoire", dont beaucoup d’athées, ont plaidé "la bêtise" d’un message posté "sans réflexion", sous le coup de la "colère". Plusieurs d’entre eux sont des étudiants se disant "ouverts d’esprit" et se destinant à devenir ambulancier, comptable, agent des impôts ou ingénieur.

Pour ne pas obérer leur avenir, leurs avocats, qui ont sollicité des relaxes partielles ou totales, ont demandé de ne pas inscrire d’éventuelles condamnations à leur casier judiciaire.

QR du 13/05/2021: Cyberharcèlement en Belgique

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