800 millions d'euros de dons: "Il n'y a pas que la cathédrale de Paris"

"Il n'y a pas que la cathédrale de Paris"
3 images
"Il n'y a pas que la cathédrale de Paris" - © GEOFFROY VAN DER HASSELT - AFP

800 millions d’euros de dons promis en quelques heures pour reconstruire la cathédrale Notre-dame de Paris. Voilà qui fait réagir le comité belge du Bouclier bleu, chargé de lutter pour la préservation du patrimoine en Belgique et dans le monde. Myriam Cercq en est la secrétaire.

« Tous les gens se mobilisent pour leur patrimoine auquel ils sont manifestement très attachés. C’est magnifique mais en même temps, il ne faut pas tout donner à Paris. Toutes les églises aux quatre coins de l’Europe sont en danger parce qu’il n’y a plus d’argent pour les entretenir. Il n’y a pas d’argent pour réaliser les travaux qu’il faut .»

On doit se battre en permanence pour trouver de l’argent dans les fondations pour restaurer les œuvres d’art, pour restaurer les églises.

Des chefs-d’œuvre du patrimoine disparaissent régulièrement dans le monde

Myriam Cercq rappelle l’incendie du musée national de Rio De Janeiro en septembre dernier. « Avec ce musée extraordinaire qui a été détruit au Brésil, combien de vies de travail sont parties en fumée ? » Ou encore la Syrie qui a connu de nombreux monuments détruits. « La mission du bouclier bleu est d’aider en cas de guerre mais on n’a pas de financement pour ces aides. Il y a un boulot énorme. Je le répète : il n’y a pas seulement la cathédrale de Paris ». Le bouclier bleu rappelle aussi la nécessité de travail à de véritables plans d’évacuation des œuvres d’art pour se préparer en cas d’incendie ou d’inondation. « Ces plans manquent en Belgique aussi ».

Le consortium humanitaire 12-12 est surpris des montants énormes récoltés

Le consortium 12-12 a l’habitude des grandes récoltes de fonds lors de catastrophes humanitaires : inondations, tremblement de terre ou tsunami. Axel Vandeveegaete a été fort surpris d’entendre parler des montants promis en quelques heures à peine pour reconstruire la cathédrale Notre-Dame de Paris. « C’est plus que ce que nous avions récolté l’an dernier lors du tremblement de terre suivi d’un tsunami en Indonésie. Mais c’est très difficile de comparer puisque c’est la première fois que nous avons affaire à un drame sans victime ».

Ma première réaction a été une énorme surprise face à cet élan de solidarité.

Si les montants des dons l’ont surpris, Axel Vandeveegaete comprend très bien la réaction de solidarité pour sauver ce chef d’œuvre patrimonial et ne craint pas que cela diminue les montants des dons récoltés pour les victimes de drames humanitaires. « Il n’y a pas de concurrence, surtout parce que nous ne lançons pas de campagne de récolte de dons pour l’instant ».

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK