300 euros par mois pour des petits-déjeuners, est-ce bien raisonnable ? La Première ministre finlandaise dans le collimateur

La Première ministre finlandaise Sanna Marin, qui était la plus jeune dirigeante de la planète lors de son arrivée au pouvoir en décembre 2019, qui a su préserver son pays du Covid-19 et le gouverner en prenant la tête d’une coalition de cinq partis, tout dirigés par des femmes, a finalement fauté. IltaLehti, un tabloïd finlandais, a en effet révélé que l’élue du peuple dépensait chaque mois environs 300 euros pour le petit-déjeuner de sa famille, prélevés sur les deniers publics. Mais y a-t-elle vraiment droit ?

Les frais ministériels épluchés

Selon son cabinet, le Premier ministre et les personnes appartenant au même ménage ont droit aux petits-déjeuners et à des repas froids (attention, pas chauds) sur les fonds de l’État lorsqu’ils séjournent à Kesäranta, la résidence officielle. Un privilège dont jouissaient déjà ses prédécesseurs. L’article 7 de la loi sur les frais ministériels stipule aussi "qu’un membre du gouvernement est remboursé des dépenses supplémentaires raisonnables engagées dans l’exercice de ses fonctions par décision du cabinet du Premier ministre".


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Certes, mais cela inclut-il aussi le petit-déjeuner de ce même Premier ministre ? Les opposants s’interrogent. L’article 6 de la loi sur la rémunération ministérielle donne bien au chef du gouvernement finlandais la jouissance "d’un appartement dans une maison d’État, dont l’entretien, le chauffage, l’éclairage, les meubles, ainsi que le personnel nécessaire est payé sur les fonds de l’État", mais cela ne dit rien sur la prise en charge d’une éventuelle collation. Par ailleurs, les anciens Premiers ministres, qui pour la plupart ne vivaient pas à Kesäranta, ne s’étaient fait offrir ce petit-déjeuner que de façon exceptionnelle.

Sens de la transparence

Dernier clou dans le cercueil de la décence, dans un pays où tout citoyen peut avoir accès au détail des dépenses de ses élus, le cabinet de Sanna Marin a décidé depuis l’été dernier de masquer le détail des tickets de caisse, pour des raisons de sécurité.

Ce débat enflammé n’ira sûrement pas jusqu’à la crise gouvernementale, mais il est révélateur de ce sens de la transparence et de l’exemplarité qui caractérise les pays nordiques. Pour mémoire, il y a quelques années, une ministre suédoise avait dû démissionner pour avoir utilisé sa carte de crédit professionnelle afin de payer… Une barre chocolatée.

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